Michel Field
Michel Field © Radio France

"Faîtes-vous confiance à Michel Field pour diriger l'information de France Télévisions?" Les rédactions des chaînes publiques, choquées par plusieurs déclarations de leur patron votent aujourd'hui une motion de défiance. Michel Field a déjà dit qu'il ne démissionnerait pas.

Ses tentatives d'apaisement du week-end n'ont rien changé. Michel Field, le directeur de l'information de France Télévisions a reconnu"des erreurs" et a annoncé qu'il renonçait à confier une émission politique à un producteur extérieur. Les Sociétés Des Journalistes (SDJ) n'ont pas pour autant annulé le vote d'une motion de défiance. Il est organisé ce mardi.

"Toutes sortes de mécontentements"

Réunis en assemblée générale le 14 avril, 300 journalistes de France 2, France 3 et France TV Info ont choisi de dégainer "l'arme ultime" . Cette motion de défiance fait suite à une série de déclarations de Michel Field et "agrège toutes sortes de mécontentements qui ont pu s'exprimer" , explique Manuel Tissier, président de la SDJ de France 2. La fusion des rédactions de France 2 et France 3, dossier brûlant est au centre de ces crispations. Mais ce sont les mots de Michel Field dans une émission de Canal + qui ont mis le feu au poudre.

Il cite Jacques Chirac

Interrogé sur la grève du 14 avril au sein de ses rédactions, Michel Field, nommé en décembre par la nouvelle présidente du groupe, Delphine Ernotte a répondu de façon très chiraquienne. Le patron de l'info a cité l'ancien président de la République, avouant que ce mouvement "m'en touche une sans faire bouger l'autre" . Depuis, l'ex animateur, journaliste a tenté de rattraper le coup. "J'entends le malaise et les critiques" , assure t-il. Pas de quoi convaincre les trois SDJ qui n'ont pas apprécié non plus la manière dont leur chef a anticipé le vote. "Je n'ai pas l'intention de démisionner" , dit-il. "Il aurait pu s'exprimer après la motion de défiance, c'est maladroit" , répond Pascale Justice, présidente de la SDJ de la rédaction nationale de France 3.

A l'origine de ce climat tendu il y a aussi l'émission de France 2, "Dialogues Citoyens" et les liens supposés trop étroits entre le service public audiovisuel, qui aurait accepté, sur demande de l'Elysée de retirer du plateau l'une des intervenantes qui devait interroger François Hollande. Michel Field, lui assure que l'indépendance est "un trésor" et qu'aucune question n'a été "soumise au palais" .

Serez-vous la ministre qui recréera l'ORTF?

Les sujets d'inquiètudes ne manquent donc pas à France Télévisions . Dans une lettre, publiée dans Libération et adressée à la ministre de la Culture, les journalistes demandent à Audrey Azoulay si elle sera celle qui "recréera l'ORTF?" Une référence à la future chaîne publique d'information qui est, selon ces Sociétés des Journalistes, "une fusion déguisée, prélude au mariage de Radio France et de France Télévisions" .

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