Selon les juges français, l’enquête démontre « que des rétrocommissions versées en espèces étaient liées au paiement des commissions accordées sans contrepartie au réseau de M. Takieddine et El-Assir par la SOFRESA [la société d’armement chargée de négocier avec l’Arabie Saoudite] et la DNCI [la branche international de la Direction des constructions navales en lien avec le Pakistan]. » Les investigations démontrent que les deux hommes « se sont enrichis dans des proportions considérables pour des prestations inexistantes. » Devant le juge Van Ruymbeke, Abdul Rahman El-Assir revient sur le montant de ces fameuses commissions exorbitantes, débloquées beaucoup plus rapidement que d’ordinaire.

D’une manière générale, c’est moi qui prenais les décisions et donnais les ordres. Ziad Takieddine les exécutait. C’est ainsi que j’ai décidé avec Sheik Ali Ben Moussalem du montant de 8% des commissions et que j’ai négocié ce montant avec Jacques Douffiagues [le PDG de la société d’armement SOFRESA, nommé par les balladuriens]. Ziad Takieddine a ensuite concrétisé ces négociations et Maître Ming [avocat à Genève] a signé les contrats après les avoir relus et contrôlés. Pour la répartition des commissions [dans le contrat saoudien], j’avais convenu avec Sheik Ali Ben Moussalem un partage par moitié, à savoir 4% chacun. (…)

[Dans le contrat pakistanais], j’ai commencé à discuter du montant de ma commission avec des représentants de la DCNI lors d’une brève réunion à Paris. Je leur ai fait part de mes conditions, à savoir 6%. (…) La DCNI a fait une contre-offre à 2%. Nous avons transigé à 4%, à la condition que nous obtenions un paiement de 100% de la commission dès le premier versement du Pakistan à la France. C’est Ziad Takieddine qui a négocié le détail de ceci, sous ma supervision et mon contrôle.

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