Russie unie, la parti de Vladimir Poutine est en net recul aux législatives. Il obtient une courte majorité absolue à la Douma, la parlement russe devant les communistes qui réalisent leur meilleur score depuis 1991 avec près de 20% des suffrages exprimés. Russie Unie perd près de 15 points par rapport aux législatives de 2007. Il s'agit du plus mauvais résultat électoral de Vladimir Poutine depuis son arrivée au pouvoir il y a 12 ans. Selon l'OSCE, le scrutin a été entaché de nombreuses fraudes.

Le parti de Vladimir Poutine obtient 49,5% des suffrages et occupera 238 des 450 sièges que comptent la Douma. Les communistes sont deuxième avec 19,1% des voix suivis de Russie juste , troisième avec 13,2% et les nationalistes du LPDR (11,7%). Le parti libéral Parnas n'a pas pu participer au scrutin en raison du refus de la justice russe d'enregistrer ses candidatures. Le taux de participation atteint 60,2%. Il est en baisse de 3% par rapport à 2007. Russie unie perd la majorité des deux tiers à la Douma.

Les premiers résultats du vote, par Iliana Moryoussef :

Des soupçons de fraude

Selon les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la campagne électorale a été marquée par "une compétition politique limitée et un manque d'impartialité". Dans un rapport préliminaire, l'OSCE constate des violations fréquentes de la procédure avec notamment des bourrages d'urnes. Russie Unie rejette les accusations de fraude lancée par l'opposition. Selon le président Dmitri Medvedev, le vote a été démocratique. Selon Vladimir Poutine, la crise économique mondiale explique le recul de son parti.

La parti communiste s'est emparé de la tête du mouvement de dénonciation des fraudes électorales. Son leader, Guennadi Ziouganov évoque "une situation préoccupante". Il doit porter plainte devant la Cour suprême et devant des tribunaux locaux. Les fraudes concerneraient près de 1.600 bureaux de vote à travers tout le pays. Selon Guennadi Ziouganov :

Le pays n'a jamais connu une élection aussi sale.

La communauté internationale s'est mobilisée pour dénoncer ces soupçons de fraude. La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton affirme être "gravement préoccupée" et constate:

un manque d'impartialité des médias, une séparation insuffisante entre Etat et parti et des faits de harcèlement contre les tentatives de supervision indépendantes.

Tout en conservant une certaine mesure par rapport au pouvoir en place en Russie, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a affirmé que :

les électeurs russes méritaient une enquête complète pour fraudes électorales et manipulations.

Vladimir Poutine a très vite riposté en dénonçant l'ingérence du Département d'Etat américain dans les affaires intérieures russes. Il accuse les Etats-unis de financer par le biais d'ONG de défense des droits de l'homme, l'opposition. Pourtant, le désaveu de Poutine n'est pas seulement visible dans les urnes. Il y a deux semaines, le Premier ministre et grand favori de la présidentielle du mois de mars a été hué après un combat d'arts martiaux à Moscou. Un spectateur a crié "Dégage" quand il s'est emparé du micro pour féliciter le vainqueur d'un des combats. L'opposant politique Edward Limonov, fondateur du parti national-bolchevique revient sur cet épisode :

Edward Limonov voit la fin de Poutine, par Iliana Moryoussef :

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.