Au commencement du volet Bettencourt de l’affaire Madoff se trouve une SICAV luxembourgeoise qui porte le nom d’une nymphe de la mythologie grecque : Oréades.

Liée au groupe L’Oréal, Oréades est officiellement créée en novembre 1997 par les sociétés Thétys et Gespral, détenues à 100% par la famille Bettencourt.

Cette SICAV va être un promoteur actif des « produits financiers » de Bernard Madoff.

La création d’Oréades s’effectue sous le contrôle de BNP-Paribas.

Le président du conseil d’administration d’Oréades est un cadre de la BNP-Luxembourg, Paul-François Gauvin. Le conseil d’administration est composé du gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Jean-Paul Delattre (le prédécesseur de Patrice de Maistre), et de deux autres responsables de la BNP : Jean-Marc de Volder et Gérard Lebeau.

D’un strict point de vue financier, Oréades est « une bonne affaire », avec, selon certaines sources, autour de 300 millions d’euros d’actifs.

Pourtant, en février 2004, sans explication, Oréades est dissoute.

A cette époque, Patrice de Maistre est le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt à travers une holding baptisée Clymène, où sera embauchée en novembre 2007, Florence Woerth, l’épouse de l’actuel ministre du Travail, Eric Woerth.

Oréades est remplacée par une autre SICAV baptisée LuxAlpha.

La gestion de LuxAlpha est assumée par UBS, avant d’être cédée, en novembre 2008, à la société « Access International Advisors », dirigée par Thierry de La Villehuchet (qui se suicide en décembre 2008, après la révélation du scandale Madoff) et Patrick Littaye. Le nouveau prospectus mentionnant officiellement Access ne fut validé par les autorités financières luxembourgeoises que le 10 décembre… soit la veille de l’arrestation de Madoff !

BNP-Paribas est remplacée par la banque suisse UBS.

Pour quelle raison avoir liquidée Oréades, sans raison apparente, 4 ans avant la révélation de l’escroquerie Madoff ? C’est ce que cherche à comprendre le juge Van Ruymbeke. « Personne ne soupçonnait une fraude , expliquait, en janvier 2009, un proche de Liliane Bettencourt, dans le journal Le Monde, mais la nouvelle équipe a privilégié une stratégie de diversification du portefeuille, jugée moins risquée. »

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