par James Mackenzie

ROME, 22 juillet (Reuters) - Les différents partis qui forment la coalition gouvernementale italienne ont réaffirmé ce week-end leur soutien au président du Conseil Mario Monti, apaisant les craintes d'instabilité politique qui ont notamment poussé à la hausse le coût des emprunts italiens cette semaine.

Le cabinet de Mario Monti a nié une information non sourcée du Corriere della Sera selon laquelle il réfléchirait à la convocation d'élections anticipées dès l'automne. Quant aux deux principaux partis du pays, ils ont exclu de retirer leur soutien au parlement.

"Ce gouvernement ne court aucun risque, étant donné la fragilité générale de la situation internationale. Personne ne prendra le risque de causer une crise gouvernementale", a déclaré le chef du groupe sénatorial du Peuple de la Liberté (PdL, centre-droit) au quotidien Il Tempo.

Enrico Letta, le chef des députés du Parti démocrate (PD, centre-gauche), a également rejeté l'idée d'élections anticipées: "Le gouvernement fait son travail, et le fait bien", a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision SkyTG24.

Le gouvernement de Mario Monti, formé de technocrates, est censé passer la main lors d'élections législatives prévues début 2013.

En dégradant de deux crans la dette souveraine italienne le 13 juillet, l'agence de notation Moody's a cité l'instabilité politique parmi les raisons de sa décision.

Les craintes liées à l'avenir politique incertain du pays, relancées cette semaine par l'annonce d'un possible retour de Silvio Berlusconi sur le devant de la scène, a notamment gonflé le taux auquel l'Italie se finance sur les marchés dans des proportions dangereuses ces derniers jours.

BERLUSCONI, UNE "BLAGUE" ?

Le flou qui entoure les intentions réelles du milliardaire, président du Conseil à trois reprises ces vingt dernières années (1994-1995, 2001-2006, 2008-2001), s'est encore accentué dimanche.

Le quotidien Libero, d'habitude très proche du magnat des médias, a indiqué dimanche que son idée d'être à nouveau candidat au poste de président du Conseil en 2013 n'était pas un projet sérieux, mais une simple "blague".

Cette information a rapidement été démentie par le cabinet du Cavaliere, mais Il Giornale, un autre quotidien dont le propriétaire n'être autre que le frère de Berlusconi, affirme que ce dernier ne choisira qu'en octobre s'il décide d'être candidat.

Le PdL, qu'il a créé en 2009, peine à masquer ses dissensions internes et se traîne dans les sondages depuis qu'il a été remplacé à la tête du gouvernement par Mario Monti.

Néanmoins, ces enquêtes d'opinion montrent aussi que si Silvio Berlusconi venait à la rescousse de son parti, celui-ci rebondirait sensiblement mais serait quand même largement battu par le Parti démocrate.

Baptiste Bouthier pour le service français

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