[scald=84497:sdl_editor_representation]par Steve Scherer et Gabriele Pileri

GIGLIO, Italie (Reuters) - Les plongeurs italiens qui inspectent l'intérieur du paquebot Costa Concordia échoué sur la côte toscane ont suspendu leurs opérations mercredi, le navire ayant légèrement glissé.

Un porte-parole des services de lutte contre l'incendie a indiqué que les plongées avaient été suspendues aux alentours de 08h00 (07h00 GMT), le paquebot échoué ayant glissé de quelques centimètres le long de la pente sur laquelle il repose.

On ignore quand les recherches pourront reprendre.

Cinq jours après l'échouement puis le chavirage du navire de croisière, onze corps ont été retrouvés et au moins 23 personnes sont toujours portées disparues.

Environ 4.200 passagers se trouvaient sur ce paquebot au tonnage deux fois plus élevé que le "Titanic" qui s'est échoué deux heures à peine après son départ.

Les plongeurs doivent faire face à une météo particulièrement difficile.

"La visibilité est épouvantable. Hier, je ne pouvais pas voir ma main devant mon visage", a déclaré Giuseppe Minciotti, directeur de l'école de plongée de Vérone, qui participe aux recherches. "J'ai récupéré un débris, mais je ne pouvais pas voir ce que c'était jusqu'à ce que je mette la tête hors de l'eau. Il s'agissait d'une chaussure de femme", a-t-il dit.

POMPAGE DU CARBURANT

Le porte-parole des gardes-côtes, Cosimo Nicastro, a précisé que les secouristes allaient tenter de concentrer leurs recherches sur le quatrième pont du navire, là où sept des onze corps ont été retrouvés.

"C'est là où des passagers et des membres d'équipage se sont rassemblés pour tenter d'abandonner le navire", a-t-il dit.

Des proches des victimes continuent d'affluer sur le port toscan, même si les chances de retrouver des survivants sont infimes.

"Nous demandons à toutes les équipes de secours et les autorités de ne pas perdre de temps et de faire tout leur possible pour retrouver, morte ou vive, ma fille", a dit Sartonino Soria, venu du Pérou, après avoir appris que sa fille, membre de l'équipage, était sur la liste des disparus.

La société néerlandaise de services maritimes SMIT s'est dite prête à commencer à pomper le carburant. L'entreprise attend la fin des opérations de secours et le feu vert des autorités italiennes.

Mais on ignore quand débutera le pompage des 2.300 tonnes de carburant contenues dans les soutes. Les autorités redoutent que les conditions météorologiques - de forts vents sont attendus cette semaine - ne perturbent les opérations.

ASSIGNÉ À RÉSIDENCE

Le capitaine du paquebot, Francesco Schettino, est accusé d'homicides multiples, d'avoir provoqué un naufrage en approchant de trop près les côtes et d'avoir abandonné son bateau avant que tous les occupants n'aient été évacués.

Il a comparu mardi devant des juges et estimé qu'on devrait le remercier d'avoir sauvé "des centaines, sinon des milliers" de vies parce qu'il a approché le "Costa Concordia" près du rivage après avoir heurté un rocher, a dit son avocat Bruno Leporatti.

Un magistrat a décidé qu'il pouvait quitter la prison et être assigné à résidence à son domicile, près de Sorrente, au sud de Naples.

Le capitaine, qui a subi des examens toxicologiques, affirme ne pas avoir quitté le navire tant qu'il y avait encore des personnes à bord.

Mais le journal "Corriere della Sera" a mis en ligne ce qu'il présente comme l'enregistrement de communications radio durant lesquelles des gardes-côtes lui intiment de remonter à bord.

Les plongeurs du corps des carabiniers ont réussi à localiser l'endroit exact où le paquebot a heurté un récif qui a ouvert une brèche dans sa coque, provoquant son chavirage.

"Nous sommes certains à pratiquement 100% d'avoir trouvé le point d'impact", a déclaré mercredi à Reuters le chef des plongeurs. "Passer si près de ces rochers rendait le choc pratiquement inévitable".

L'endroit incriminé, à huit mètres de profondeur, se trouve à dix mètres d'un gros rocher émergé, à seulement une trentaine de mètres du rivage du Giglio. Les plongeurs ont pris des clichés sous-marins, qui vont être mis à la disposition de la justice.

Eric Faye, Gregory Schwartz, Benjamin Massot et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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