Lors de son audience générale hebdomadaire, place Saint-Pierre, le pape François a comparé ce mercredi l'avortement au recours à "un tueur à gages". Une sortie fracassante dont il a le secret. Mais il arrive que sur certains sujets, le souverain pontife finisse par nettement adoucir sa position.

Le pape François avait recommandé la psychiatrie pour l'homosexualité décelée dés l'enfance.
Le pape François avait recommandé la psychiatrie pour l'homosexualité décelée dés l'enfance. © Radio France / VINCENZO PINTO

Depuis sa prise de fonction en 2013, le pape François n'a pas varié d'un iota sur l'avortement. Il y est clairement opposé et n'y va pas par quatre chemins pour faire passer le message. Ce mercredi 10 octobre, il a considéré que l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) était un recours à "un tueur à gages". Une position déjà défendue en juin dernier lorsqu'il déclarait que les avortements thérapeutiques s'apparentaient à un eugénisme "en gants blancs", au même titre que celui pratiqué autrefois par "les nazis"

Va-t-il changer d'avis ou adoucir son discours dans les mois ou années à venir ? Le pape François s'est en tout cas déjà fait remarquer pour avoir adopté plusieurs postures sur des sujets de société. 

Sa vision de l'homosexualité

Quand il prend ses quartiers au Vatican en 2013, le pape François se démarque très rapidement de son prédécesseur, Benoît XVI, sur la question de l'homosexualité, en prônant la tolérance. Tout juste intronisé, il s'exprime pour la première fois devant la presse, dans l'avion qui le ramène du Brésil pour les Journées mondiales de la Jeunesse. "Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?", s'interroge-t-il alors. 

Cinq ans plus tard, changement de discours. De retour d'un voyage en Irlande, fin août dernier, il recommande le recours à la "psychiatrie" pour l'homosexualité décelée à l'enfance. La version corrigée ou plutôt édulcorée du Vatican, dans la foulée, n'arrivera pas à atténuer la polémique. "Quand le pape se réfère à la psychiatrie, il est clair qu'il le fait comme un exemple qui rentre dans les différentes choses qui peuvent être faites, explique un porte-parole du Vatican. Mais avec ce mot, il n'avait pas l'intention de dire qu'il s'agissait d'une maladie psychiatrique, mais que peut-être il fallait voir comment sont les choses au niveau psychologique".

Le pape François opposé au contrôle "artificiel" des naissances

Sur la question de la contraception, le pape François fait preuve d'ambiguïté. Il se réfugie presque toujours derrière la position officielle de l'Église. 

En 2015, les 265 évêques et cardinaux remettent au pape le rapport du Synode sur la famille. Un rapport qui se montre inflexible sur la contraception.

La chute démographique, due à une mentalité antinataliste et promue par des politiques mondiales de santé reproductive, menace le lien entre les générations

Le pape François va s'en tenir à ce constat et réaffirme, la même année lors d'un voyage aux Philippines, son opposition au contrôle "artificiel" des naissances, tout en critiquant les pays et organisations internationales de promouvoir la doctrine de la contraception.

Un an plus tard, en 2016, il change de discours après un voyage en Amérique latine. Pour le pape François, "éviter une grossesse n'est pas un mal absolu". Une petite ouverture sur la question de la contraception, sans doute liée au contexte de sa visite en Amérique latine, alors gangrenée par le virus Zika.

Pédophilie dans l'Eglise, le pape admet de "graves erreurs"

L'affaire remonte au début de l'année civile. En janvier 2018, le pape François se rend au Chili, un pays où plusieurs scandales d'abus sexuels pédophiles commis par le clergé commencent à éclater. Le souverain pontife ne veut pas en entendre parler, il qualifie ces scandales de "calomnies" et célèbre la messe aux côté de l'évêque d'Osorno, Mgr Juan Barros, accusé d'avoir passé sous silence certains agissements. 

De retour au Vatican, il prend conscience de l'ampleur des dégâts. Son voyage est très critiqué. Aussitôt, le pape François envoie un archevêque en mission en Chili pour enquêter sur ces scandales pédophiles et fait son mea-culpa auprès des victimes présumées. Dans une lettre, il admet de "graves erreurs" dans l'appréciation de la situation au Chili, "notamment en raison d’un manque d’informations véridiques et équilibrées".

Aujourd'hui, la justice chilienne enquête sur 119 affaires d'agressions sexuelles commises par des membres du clergé catholique.

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