La décision des Verts de voter "non" au traité budgétaire a semé un peu plus la pagaille dans la majorité. Les contorsions des ministres EELV du gouvernement pour ne pas exprimer publiquement leur position n'arrangent pas les choses. Au Front de gauche la ligne est claire: on ne veut pas de ce traité, pas plus que dans les rangs du Front National. Quant à la droite, elle va bien évidemment voter ce pacte budgétaire, dont le cœur a été négocié par Nicolas Sarkozy. Revue des positions de chacun.

Les écologistes

Ils se sont prononcé contre en Conseil Fédéral, et voteront donc "non" ou s'abstiendront lors du vote au Parlement. Raison invoquée : ce traité d"austérité" va freiner voire annuler toute tentative de transition écologique. Une décision vivement critiquée par le député européen Daniel Cohn Bendit a déclaré qu'entre lui et le parti écologiste, c'était fini.

Daniel Cohn Bendit

Daniel Cohn Bendit n'a pas mâché ses mots sur les déclarations d'Eva Joly

Discours qu'il n'a pas toujours tenu, comme se plait à le rappeler un journaliste du monde dans son blog.

Quant aux ministres EELV Cécile Duflot et Pascal Canfin, appelés à démissionner par une grande partie de la droite, ils ont pris soin de ne pas exprimer publiquement leur avis à ce sujet...et sont restés au gouvernement, par "solidarité."

Le Parti Socialiste

Le bureau national du Parti socialiste a adopté la semaine dernière une position commune appelant à la ratification. De son côté le vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée, Thierry Mandon, a assuré que "95% des députés socialistes voteront le traité." Consensus donc, quoique...

Au sein même du gouvernement, Benoit Hamon, qui avait très vertement critiqué ce projet de budget avant la présidentielle, n'est pas très à l'aise.

Il se murmure qu'il aurait négocié son silence sur ses convictions en échange de la consolidation de son mouvement (Un monde d'avance) dans le parti.

Certains de ses collègues députés de la gauche du PS eux ne se sont pas privés de dire tout haut le peu de bien qu'ils pensent de ce traité, comme Marie-Noëlle Lienemann.

Le Front de gauche et le PC

Le parti de Jean-Luc Mélenchon et de Pierre Laurent est farouchement opposé au vote de ce traité.

Argumentaire des deux leaders: la vague de mécontentement européenne et la situation grecque et espagnole, conséquences selon eux de la méthode "austérité" utilisée par les dirigeants européens pour tenter de résoudre la crise.

Leurs voix ne suffiront pas à l'Assemblée pour empêcher la ratification, malgré la manifestation du 30 septembre.

L'UMP et le Centre

Ce traité, c'est du pain béni pour la droite et le centre, qui ne manquent pas de faire valoir que leurs voix seront nécessaires à François Hollande pour obtenir la ratification. D'autant que le texte qui sera voté n'aura pas changé d'une seule virgule par rapport à la version adoptée par Nicolas Sarkozy. Le chef de l'Etat n'a réussi qu'à y adjoindre un "pacte de croissance". Invité sur TF1 le 30 septembre dernier, l'ancien Premier ministre François Fillon a déclaré : « C’est mot à mot le traité que nous avions négocié avec Nicolas Sarkozy mais je ne vote pas seulement pour ça, je vote parce qu’il est nécessaire au sauvetage de l’euro ».

Dans le Grand Angle du 5 octobre, Delphine Simon décrypte cette déclaration de François Fillon : vrai ou faux, le traité budgétaire européen actuellement discuté est celui qui a été négocié par Nicolas Sarkozy ?

Seuls Lionnel Luca et Jacques Myard, de la Droite populaire, dénoncent dans le traité "un grave abandon de souveraineté".

Le Front National

Le FN est contre, sans surprise. Principale récrimination: le traité sera voté par les députés et non par le peuple. Marine le Pen exige donc un referendum. Sinon les arguments du Front National rejoignent ceux du Front de Gauche, en dénonçant "l'hyper austérité" du projet qui va peser sur les "classes moyennes, les plus pauvres et les retraités".

Enfin, même sur la page Wikipedia concacrée au sujet, les prises de position semblent avoir été particulièrement vindicatives, pour preuve, cet avertissement des administrateurs en haut de page.

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