La coalition rebelle du Séléka est désormais à 160 km de la capitale Bangui et les opposants au regime menacent désormais d'entrer dans la ville. Ils réclament ainsi que les négociations qui doivent s'ouvrir avec le président de l'Union Africaine (UA) portent sur le départ du de François Bozizé arrivé au pouvoir par les armes en 2003.

C'est donc l'attente avant ces pourparlers avec le béninois Yayi Boni pour tenter de trouver une sortie au conflit. Les deux hommes doivent se retrouver à l'aéroport de Bangui, pour des raisons de sécurité.

Le point sur place ave c Sarah Sakho pour France Inter

Cette semaine, les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) ont annoncé l'envoi de nouvelles troupes en République centrafricaine, alors que les rebelles de la Séléka menacent le gouvernement du président François Bozizé.

Ecoutez le reportage sur place de Sarah Sakho pour France Inter

La CEEAC, qui compte déjà une force de maintien de la paix de 500 hommes en Centrafrique, a annoncé l'envoi de renforts à l'issue d'un sommet extraordinaire tenu à Libreville, capitale du Gabon, peu après l'annonce de négociations entre la Séléka et François Bozizé.̀

"Nous étudions la manière de déployer cette mission aussi vite que possible", a déclaré Emmanuel Issozé Ngondet, ministre des Affaires étrangères du Gabon, sans préciser combien d'hommes seraient envoyés.

Les troupes de la CEEAC, principalement tchadiennes et réunies au sein de la Mission de consolidation de la paix en Centrafrique (Micopax), ont pour le moment été incapables de contenir les avancés de la Séléka.

Les insurgés, qui accusent François Bozizé de ne pas avoir respecté les termes d'un accord de paix conclu en 2007, ont repris les armes le 10 décembre et se trouvent désormais aux portes de Bangui, la capitale.

envoi de nouvelles troupes en centrafrique de la part de pays d'afrique centrale
envoi de nouvelles troupes en centrafrique de la part de pays d'afrique centrale © reuters

La Séléka a néanmoins annoncé jeudi avoir suspendu son offensive pour permettre l'ouverture du dialogue.

Le chef de l'Etat, élu à deux reprises après son arrivée au pouvoir lors d'un putsch de 2003, a demandé jeudi l'aide de Paris et de Washington pour les repousser, mais son homologue François Hollande a déclaré que la France n'était pas présente en Centrafrique pour "protéger un régime", mais pour assurer la sécurité de ses ressortissants.

DÉPLOIEMENT DE 150 MILITAIRES FRANÇAIS

Selon le Quai d'Orsay, 1.200 Français résident en RCA, pour la plupart à Bangui, où ils travaillent essentiellement pour des organisations humanitaires et le groupe français Areva, qui exploite le gisement d'uranium de Bakouma, dans le sud du pays.

Environ 150 militaires français ont été déployés samedi matin en République centrafricaine, en soutien aux 250 déjà présents, à l'aéroport de Bangui, où ils assurent un soutien technique et opérationnel à la Micopax.

L'aviation française est intervenue en 2006 contre les rebelles, mais François Hollande a déclaré que "ce temps-là (était) terminé".

Jeudi, le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné l'offensive rebelle et les Etats-Unis ont annoncé le départ de leur personnel diplomatique.

"Notre dernière chance (...), c'est le dialogue avec les rebelles", a estimé vendredi un chauffeur de bus interrogé dans le centre de Bangui.

De nombreux bateaux chargés de bagages ont traversé l'Oubangui pour gagner la République démocratique du Congo, sur l'autre rive et le trafic routier s'est intensifié en direction du Sud.

Phal Mezui Ndong, Jean-Philippe Lefief, Agathe Machecourt et Julien Dury pour le service français

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