combats dans le nord de la syrie autour d'une base aérienne militaire
combats dans le nord de la syrie autour d'une base aérienne militaire © reuters
par Yara Bayoumy AZAZ, Syrie (Reuters) - Les rebelles syriens ont poursuivi jeudi le siège d'une base aérienne de l'armée régulière dans le nord du pays pour tenter de contenir la puissance de frappe des forces du président Bachar al Assad. Selon l'Onu, plus de 60.000 personnes ont été tuées dans les affrontements qui font rage en Syrie depuis mars 2011 entre les forces gouvernementales et les insurgés qui réclament le départ du chef de l'Etat. Après avoir enregistré une série de succès au cours des six derniers mois de 2012, les rebelles ne parviennent pas à protéger de l'aviation syrienne les pans de territoires passés sous leur contrôle dans le nord et l'est du pays. Plusieurs centaines de combattants rebelles tentaient ainsi jeudi, pour la deuxième journée consécutive, d'occuper la base aérienne de Taftanaz, située sur l'axe routier reliant Alep à la capitale, Damas. Selon Rami Abdoulrahman, président de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (ODSH, proche de l'opposition), 800 combattants participent à l'assaut, dont des islamistes du groupe Djabbat al Nousra, considéré comme une organisation terroriste par Washington. D'après un combattant interrogé sur les lieux dans la nuit de mercredi à jeudi, les principales divisions de la base sont toujours entre les mains des forces loyalistes, mais les insurgés ont réussi à pénétrer à l'intérieur et à détruire un hélicoptère et un avion de combat au sol. L'agence de presse officielle Sana assure pour sa part que la base n'est pas tombée et explique que l'armée affronte des rebelles "qui tentent d'attaquer l'aéroport à partir de différents axes, infligeant de lourdes pertes dans leurs rangs et détruisant leurs armes et leurs munitions." BANLIEUES DE DAMAS Près de la base aérienne de Minakh, située près de la frontière turque et encerclée par les rebelles, les forces gouvernementales ripostent à l'assaut en bombardant les villes situées à proximité. A Azaz, où les bombardements rythment les nuits, une frappe aérienne a détruit une maison de famille dans la nuit de mercredi à jeudi. Deux fillettes âgées de 10 et 12 ans blessées lors du bombardement ont été transférées d'urgence en Turquie, a dit leur mère, Zeïnab Hammadi. A Hayyan, ville du Nord tenue par les rebelles, un immeuble résidentiel a été touché par un raid aérien qui a tué au moins huit civils. Des vidéos montrent des hommes transportant des corps d'enfants démembrés et des dizaines de personnes recherchant des victimes dans les décombres de l'immeuble. Outre les zones situées dans le nord du pays, les rebelles contrôlent plusieurs banlieues de Damas. Elles sont régulièrement bombardées par les forces gouvernementales qui tiennent le coeur de la capitale. La guerre civile en Syrie - le plus long et le plus sanglant des soulèvements populaires inspirés du "printemps arabe" ces deux dernières années - met aux prises les rebelles, issus pour la plupart de la majorité sunnite et un gouvernement soutenu par la minorité alaouite, dont le président Assad est issu. Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser
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