STRASBOURG (Reuters) - Les syndicats de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle), dont les hauts fourneaux sont à l'arrêt pour une durée indéterminée, tirent le signal d'alarme à deux mois de l'élection présidentielle sur les risques de fermeture du site.

La direction a confirmé mardi à l'intersyndicale que la situation actuelle, qui se traduit par du chômage partiel pour 2.600 des 5.000 employés du site (dont 3.000 en CDI) durerait au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre et pourrait se poursuivre sur l'ensemble de l'année, a dit la CFDT.

"La direction nous a dit qu'il y a une grosse probabilité que le site reste à l'arrêt aux troisième et quatrième trimestres, donc jusqu'à la fin de l'année", a dit à Reuters Jean-Marc Vecrin, délégué central de la CFDT.

La direction, contactée par Reuters, a annoncé la convocation d'un comité central d'entreprise le 23 février "concernant la situation des activités en Lorraine pour le 2eme trimestre 2012", sans confirmer ces informations.

"On s'attend à une fermeture définitive de la filière liquide", a dit à Reuters Frédéric Weber, secrétaire adjoint de la CFDT du site. "Des notes internes au sein du groupe disent qu'il est très difficile de prendre des décisions en France avant les élections présidentielles", a-t-il ajouté.

Selon le syndicaliste, l'arrêt de la filière liquide et de l'activité packaging entraînerait la disparition d'un millier d'emplois.

L'intersyndicale, qui comprend la CFDT, la CGT, FO et la CFE-CGC, réunira les salariés jeudi en assemblée générale pour définir des actions "dures".

"On ne va pas se laisser tuer en silence. On a une fenêtre d'opportunité jusqu'en mai. Après, c'est 'rideau'", estime Frédéric Weber, pour qui les politiques doivent "mouiller leur chemise" comme pour le fabricant de lingerie Lejaby.

Après avoir décidé fin 2011 la fermeture définitive de ses hauts fourneaux de Liège en Belgique et la mise à l'arrêt de ceux de Florange et d'Eisenhüttenstadt, en Allemagne, ArcelorMittal a annoncé en janvier des suppressions d'emploi en Pologne et la fermeture de son aciérie de Madrid.

Concernant Florange, les syndicats estiment que seul le projet Ulcos, qui en ferait un site pilote pour la capture et le stockage de CO2 dans le sol, garantirait l'avenir.

Cet investissement de 600 millions d'euros est lié à l'obtention de subventions européennes sur lesquelles une décision n'interviendra pas avant octobre.

Gilbert Reilhac, édité par Gilles Trequesser

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