FLORANGE, Moselle (Reuters) - Les sidérurgistes d'ArcelorMittal à Florange ont bloqué vendredi les entrées et sorties de la gare de triage qui alimente l'usine en réponse aux annonces de Nicolas Sarkozy et de leur direction concernant un redémarrage très hypothétique de leurs hauts-fourneaux, a constaté Reuters.

Cette action, qui devrait se poursuivre toute la journée et qui bloque également les voies du TGV Paris-Luxembourg, s'est déroulée au moment où reprenait à Saint-Denis, en région parisienne, le comité central d'entreprise interrompu la semaine dernière à la demande des syndicats.

"Notre problème, nos revendications restent toujours les mêmes : pérennisation, redémarrage des hauts-fourneaux et investissements maintenant", a dit Edouard Martin, l'un des responsables de la CFDT, en annonçant l'action du jour à la centaine de salariés rassemblés le matin devant les locaux syndicaux.

"Si le président (de la République) s'exprime sur notre avenir et commence par un mensonge, comment peut-on lui faire confiance ?", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy, qui a annoncé jeudi le redémarrage d'un haut-fourneau de Florange au second semestre, a été vite corrigé par un communiqué d'ArcelorMittal précisant qu'une telle décision n'interviendrait qu'en cas de reprise économique et d'augmentation de la demande d'acier.

"Ils se foutent de notre gueule et ils se foutent de la gueule du Président de la République", a dit à Reuters Walter Broccoli, secrétaire de FO, plus indulgent vis-à-vis de Nicolas Sarkozy.

"MITTAL VEUT NOUS TUER"

Quant aux 17 millions d'euros d'investissements annoncés pour le site, seuls deux, prévus depuis octobre dernier, concernent la filière liquide qui emploie 500 personnes sur 2.650 à Florange.

Les syndicats craignent son abandon pur et simple en Lorraine au profit des sites côtiers, plus rentables, et des pays "low cost".

"Mittal veut nous tuer", a dit Edouard Martin en affirmant qu'ArcelorMittal aurait refusé cette semaine à Florange des commandes pour son activité packaging (boîtes) "parce qu'ils ne veulent pas justifier le redémarrage de la filière liquide".

Les syndicalistes se sont installés en milieu de matinée sur les voies de la gare d'Ebange par où transitent chaque jour une trentaine de train qui alimentent l'usine en brames d'acier fabriquées par les hauts-fourneaux de Dunkerque et repartent chargés de rouleaux d'acier pour le packaging ou l'industrie automobile.

Cette nouvelle action reste symbolique tant par sa durée, qui ne devrait pas mordre sur le week-end, que par le faible nombre de salariés qui y participent.

"On veut faire comprendre à notre direction ce qu'on est capable de faire. Pour l'instant, ce sont des messages", a dit à Reuters Walter Broccoli.

Nicolas Sarkozy et son annonce très "hypothétique" sur France Inter jeudi :

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