[scald=221129:sdl_editor_representation]par Gavin Jones et Renee Maltezou

ROME/ATHENES (Reuters) - Les sept otages étrangers détenus au Nigeria par le groupe islamiste Ansaru ont probablement été tués, ont déclaré dimanche plusieurs chancelleries européennes.

Ansaru a annoncé samedi avoir tué les sept étrangers - un Britannique, un Italien, un Grec et quatre Libanais - employés du bâtiment, enlevés le 7 février au Nigeria, précisant avoir agi ainsi à cause des tentatives des forces britanniques et nigérianes pour les libérer.

Des photos de mauvaise qualité ont également été diffusées, montrant les corps des otages, selon Ansaru, avec un homme armé qui se tient devant eux.

"Nos vérifications effectuées en coordination avec les autres pays concernés nous incitent à croire que les informations sur l'exécution des otages capturés le mois dernier sont exactes", a déclaré le ministère italien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le ministère grec des Affaires étrangères a confirmé l'annonce italienne. "Les informations dont nous disposons montrent que le citoyen grec est décédé", a déclaré le ministère, ajoutant avoir informé sa famille.

A Londres, le Foreign Office a estimé lui aussi que le ressortissant britannique pris en otage avait "probablement été tué".

"Il s'agit d'un meurtre de sang froid, que je condamne dans les termes les plus vifs", a dit le chef de la diplomatie britannique, William Hague.

Les autorités grecques et italiennes ont par ailleurs démenti l'existence d'opérations par un quelconque gouvernement pour libérer les otages.

"Aucun des gouvernements concernés n'a entrepris de sauver les otages", a déclaré le ministère italien des Affaires étrangères, estimant que leur assassinat ne pouvait "avoir d'autre explication que la violence aveugle et barbare".

OTAGES FRANCAIS

Des hommes d'Ansaru, organisation qui a enlevé d'autres étrangers par le passé, avaient fait irruption le 7 février sur un chantier de la société libanaise Setraco, à Jama'are dans l'Etat de Bauchi, dans le nord du Nigeria.

"Nous avons lancé une enquête pour tenter de savoir ce qui s'est réellement passé, mais nous ne pouvons pas encore dire aujourd'hui si cette information est vraie ou fausse", a déclaré pour sa part le porte-parole de la police de l'Etat de Bauchi.

Le président italien Giorgio Napolitano a exprimé ses condoléances à la famille de l'otage italien, Silvano Trevisan.

Plusieurs responsables nigérians ont dit samedi douter de cette information.

Le nord du Nigeria est le théâtre d'opération de groupes islamistes armés, et les enlèvements d'étrangers n'y sont pas rares. Une famille de sept Français, dont quatre enfants, a été enlevée le 19 février au Cameroun puis localisée dans l'Etat de Borno, dans l'extrême nord-est du Nigeria.

Cette zone est un bastion de Boko Haram, qui a pris les armes pour tenter d'imposer la "charia" (loi coranique) dans la moitié nord du pays et s'est déclarée indépendante d'Ansaru en janvier dernier.

Outre Boko Haram, la région est la proie de bandes criminelles qui profitent de l'insécurité provoquée par l'insurrection islamiste pour se livrer à des attaques à main armée.

Les forces de sécurité nigérianes ont affirmé samedi avoir tué 52 combattants de Boko Haram et en avoir arrêté 70 depuis le début, il y a dix jours, de leur opération dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du pays

Avec Inusa Jaba à Bauchi et Tim Cocks à Lagos, Pascal Liétout et Hélène Duvigneau pour le service français

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