L’ONG Handicap International fête cette année ses 30 ans. Créée en 1982 sur les camps de réfugiés cambodgiens blessés par les mines antipersonnel, l’association rend cette année hommage à ce pays où la dépollution des sols minés n’est pas encore achevée. Alors que le pays intervient dans beaucoup d’autres pays, l’association organise ce samedi 29 septembre sa 18e journée des pyramides de chaussures.

Cambodge, 1982. Après le régime des khmers rouges, le Vietnam a envahi le pays. Des milliers de personnes tentent de fuir la guérilla mais sont stoppées par des explosifs cachés dans le sol ou la végétation : les mines antipersonnel. La situation dans les camps de réfugiés au Cambodge et en Thaïlande pousse deux médecins lyonnais et un technicien à créer Handicap International.

Le Cambodge à l'honneur

Trente ans plus tard, alors que l’association fête ses 30 ans, le Cambodge est loin d’être dépollué : en 2010, selon des chiffres des autorités cambodgienne rapportés par Handicap International, 715 km2 du territoire sont encore pollués par des mines antipersonnel. Il a fallu 17 ans pour déminer 500km2. Pour commémorer les trente ans de la naissance de l’ONG, le Cambodge est mis à l’honneur lors de la journée annuelle des « pyramides de chaussures » organisée par Handicap International. Pour l’occasion, les organisateurs ont invité en France une jeune cambodgienne, Kosal Song, née en 1984, après la guerre. Mais à l’âge de 5 ans, elle saute sur une mine.

Emmanuel Leclère a recueilli le témoignage de cette jeune victime :

Kosal Song, invitée par Handicap International en France
Kosal Song, invitée par Handicap International en France © Radio France / Emmanuel Leclère

Des interventions dans soixante pays

L’association mène des programmes de soins, en proposant des interventions médicales pour poser des prothèses adaptées aux victimes ; mais elle agit également en matière de prévention des risques et d’insertion sociale et économique des personnes prises en charge.

Un démineur en action au Kosovo
Un démineur en action au Kosovo © Handicap International

Dans 17 des 60 pays dans lesquels Handicap International est engagée, des programmes de déminage sont aussi menés. Deux armes sont dans le viseur des membres d’Handicap International : les mines antipersonnel, interdites par le Traité d’Ottawa en 1997 (mais dont 34 pays ne sont pas signataires), et les bombes à sous-munitions (BASM), composées d’un conteneur qui s’ouvre dans les airs pour disperser des centaines de petits explosifs, dont 5% à 40% n’explosent pas au moment de l’impact avec le sol, selon l’association. Celles-ci sont interdites par le Traité d’Oslo de 2008, mais seuls 94 Etats (dont la France) l’ont signé.

Handicap International joue aussi, en effet, un rôle de lobbying, en agissant dans les grandes institutions internationales en faveur du désarmement.

Le docteur Jean-Baptiste Richardier, co-fondateur de l’ONG, revient sur les trente ans d’action de Handicap International, au micro de Nicole Guillard :

La 18e journée des pyramides de chaussures

La pyramide de chaussures du Trocadéro, en 2010
La pyramide de chaussures du Trocadéro, en 2010 © Flickr Creative Commons / marsupilami92

Pour sensibiliser à son action, Handicap International organise depuis 18 ans chaque année des pyramides de chaussures, dans plusieurs villes de France. L’objectif de ces manifestations : recueillir des signatures de pétitions pour faire pression sur les Etats. Depuis la création de l’événement en 1995, l’association avance avoir collecté près de deux millions de signatures. Le combat de Handicap International n’est pas terminé : en 2011, selon l’association, plusieurs pays ont continué à faire usage des mines antipersonnel ou des BASM, comme la Syrie ou la Libye.

François Madeuf s’est rendu au Trocadero, où se dressait la pyramide de chaussures parisienne :

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