Frédéric Mitterrand, ministre de la culture. Avant même le remaniement, c'est l'ancien animateur télé qui annonce en personne sa nomination. Un diner d'adieu a été organisé par l'écrivain hier soir à la Villa Médicis avec quelques uns de ses collaborateurs. Mitterrand, victime de son amitié avec Carla Bruni ? La rumeur prétend que la première dame de France l'aurait fait nommer. On sait l'homme libre politiquement. En 95, il appelait à voter Jacques Chirac. En 2007, à "Esprit critique", il regrettait cet appel, estimant qu'un artiste comme lui n'avait pas à se poser en prescripteur. Aujourd'hui, il entre dans l'action . Ce rapport ambigu à la politique (est-il inévitable quand on grandit avec la statue du commandeur comme oncle ?) fait jaillir des questions : comment un homme esthète un peu désabusé comme lui, d'un pessimisme élégant, sans illusion sur le pouvoir, peut-il aborder la fonction de ministre qui demande une implication aveugle, une soumission aux circonstances, aux impératifs de la politique ? Quand on est un observateur mélancolique du monde, peut-on en devenir acteur ? Enfin, l'homme de culture peut-il tout accepter ?

Mitterand
Mitterand © Radio France
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