Le richissime quadruple champion du monde de Formule 1 sait aussi habilement piloter ses bolides pour remporter la course que ses affaires pour payer le moins de taxes possible.

Lewis Hamilton en pôle-position dans les paradis fiscaux
Lewis Hamilton en pôle-position dans les paradis fiscaux © Getty / Clive Rose

Pars Adèle Humbert, Cellule investigation Radio France / ICIJ / Süddeutsche Zeitung

A seulement 32 ans, Lewis Hamilton est à la tête d’un empire : en 2017, sa fortune est estimée à 131 millions de livres sterling (soit environ 145 millions d’euros). Cette performance le fait accéder à la première marche du podium des sportifs les plus riches de Grande-Bretagne, devant les  footballeurs Zlatan Ibrahimovic et Wayne Rooney.  Les Paradise Papers révèlent comment procède le jeune prodige de la Formule 1 pour économiser des millions d’euros d’impôts depuis plusieurs années.

Ce que les gens ne comprennent pas c’est que je paie mes impôts ici mais que je participe à des compétitions dans 19 pays. Donc mes revenus proviennent de 20 pays différents, je paie des impôts dans plusieurs pays, et je paie beaucoup d’impôts ici aussi.

Dans une interview accordée au Times, le sportif répond en 2014 à la grogne d’internautes, qui lui reprochent d’avoir quitté la Grande-Bretagne pour des contrées aux régimes fiscaux plus attrayants.

Dès 2007, Lewis Hamilton avoue avoir déménagé en Suisse pour des raisons fiscales. Il est alors âgé de 22 ans et semble déjà gérer son business en redoutable homme d’affaires. 

En 2011, le sportif crée Inday Rose Limited, une société-écran immatriculée aux Iles Vierges britanniques, à partir de laquelle il tisse un réseau tentaculaire de sociétés offshores. 

Les informations mises au jour par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) dont Radio France et Le Monde sont partenaires, permettent d’affirmer que c’est bien Inday Rose Ltd qui détient Stealth Aviation Ltd, l’un des maillons-clefs de la stratégie d’évitement de la TVA mise en place par Appleby lors de l’achat de son jet privé via l’Ile de Man.

Peu de temps après, en 2012, il emménage à Monaco, expliquant aimer le changement et vouloir "se sentir chez [lui] pendant le Grand Prix". 

Enfin, sa marque est détenue et gérée par encore une autre société, BRV Ltd, qui est enregistrée à… Guernesey, autre destination offshore, dépendance de la couronne britannique, où les bénéfices ne sont pas taxés.

Adèle Humbert, Cellule investigation Radio France / ICIJ / Süddeutsche Zeitung

Ressource complémentaire
ICIJ - Consortium international des journalistes d’Investigation

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.