Les rebelles sont entrés dimanche soir dans la capitale libyenne et la foule a envahi les rues, sur leur passage, pour les acclamer.

Vers minuit, ils ont atteint la place Verte au centre de la ville, lieu jusque là réservée aux rassemblements des partisans du colonel Mouammar Kadhafi. La place a été rebaptisée place des martyrs.

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Des images montraient la joie des habitants de Tripoli faisant le V de la victoire et arrachant et déchirant des portraits du leader libyen.

Les insurgés contrôlent désormais tous les quartiers de la capitale à l'exception du complexe de Bab al Aziziah où se trouve la résidence de Mouammar Kadhafi, selon la chaîne de télévision Al Jazeera.

la joie sur la Place Verte
la joie sur la Place Verte © Radio France / capture d'écran Al Jazeera

Les combattants sont arrivés par mer et par terre. Les journalistes étrangers, enfermés à l’Hôtel Rixos, ont vu de violents affrontements entre forces fidèles au régime et rebelles. Ils ont entendu également les « Allah Akbar (Dieu est grand) », lancés depuis les mosquées de la ville comme encouragements pour les rebelles.

Deux des fils de Mouammar Kadhafi ont été capturés. Saïf al-Islam d’abord, une information confirmé par une porte-parole du procureur de la Cour pénale internationale qui espère pouvoir le juger très vite. Saïf al-Islam était présenté comme le futur successeur de son père et fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité commis en Libye

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Mohammed Kadhafi se serait rendu aux rebelles, selon des informations de la chaîne Al Jazeera qui a diffusé une interview du fils ainé de Kadhafi. Dans le bref entretien, on entend Mohammad Kadhafi dire qu’il a été arrêté par les rebelles et qu'il est en résidence surveillée. « Des hommes armés encerclent ma maison (… ) Ils disent qu'ils veulent assurer ma sécurité. Ils assiègent ma maison dit-il alors que des tirs résonnent en bruit de fond. « Les coups de feu viennent de ma maison », dit-il avant que la ligne soit coupée.

On ignore toujours où se trouve le leader libyen. Mouammar Kadhafi est intervenu vers minuit sur la télévision nationale. Dans un message audio, il demandé à nouveaux aux Libyens de « sauver Tripoli, une question de vie ou de mort ».

La carrière de Kadhafi
La carrière de Kadhafi © Radio France / Ide

Le "guide " a exclu d'abandonner la capitale libyenne alors que des informations non confirmées le donnent déjà en Algérie ou en partance pour le sud de l’Afrique.

Pour l'ex-numéro 2 du régime Abdessalem Jalloud, qui a fui Tripoli pour l'Italie, « Kadhafi n'a aucun moyen de quitter Tripoli. Toutes les routes sont bloquées. Il peut seulement partir sur la base d'un accord international et je pense que cette porte est fermée ».

Al Jazeera annoncé également la capture de la garde personnelle de Mouammar Kadhafi qui aurait rendu les armes, une information donnée également par le représentant du conseil de Transition à Londres.

Mahmoud Jibril, l'un des principaux responsables du CNT, a appelé les combattants à ne pas se venger, a ne pas s’en prendre ni aux prisonniers, ni aux étrangers. Et les a mis en garde contre des poches de résistance pro-Kadhafi dans la capitale.

Dans une conférence de presse télévisée vers 23h, Ibrahim Moussa, le porte-parole du Gouvernement libyen a accusé l’OTAN d’avoir déjà tué 1 300 morts durant la seule journée de dimanche. Le porte-parole a également annoncé que le "guide de la Révolution" est prêt à négocier en personne avec le chef de file des rebelles : « L’Otan peut dire aux rebelles d’arrêter la violence et on peut se mettre autour d’une table avec Mohammed Kadhafi » a-t-il dit.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a appelé à une transition pacifique et immédiate en Libye et s'est dit prêt, pour y parvenir, à travailler le Conseil national de transition.

L’offensive des rebelles appelée « opération Sirène » a reçu l’aide et l’appui de l’OTAN qui a estimé que « ce à quoi nous sommes en train d'assister ce soir est l'effondrement du régime ». Un avis partagé par la Maison Blanche et Nicolas Sarkozy, entre autres.

La joie des rebelles sur la route vers Tripoli
La joie des rebelles sur la route vers Tripoli © Reuters / Bob Strong
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