Après sept ans de combat judiciaire, c'est un semblant de victoire pour les anciens salariés de Molex. Pour la cour d'appel de Toulouse, ils ont été licenciés "sans cause réelle".

Manifestation des anciens salariés de Molex, en 2012, devant le tribunal de Toulouse
Manifestation des anciens salariés de Molex, en 2012, devant le tribunal de Toulouse © AFP / Eric Cabanis

C'est l'aboutissement d'une longue bataille pour les anciens salariés de l'entreprise de connectique automobile Molex, à Villemur-sur-Tarn. Ce mardi, la cour d'appel de Toulouse a reconnu que le licenciement de 191 salariés en 2009 était une décision "sans cause réelle ni sérieuse". La cour a donc confirmé sur le fond le jugement des prud'hommes, et a accordé une indemnité de 7 millions d'euros, qui sera payée par l'Assurance de garantie des salaires. En première instance des prud'hommes, ces indemnités avaient été fixées à dix millions d'euros. Molex a deux mois pour se pourvoir en cassation.

Une entreprise en bonne santé économique

L'annonce d'un plan de sauvegarde de l'emploi concernant les 280 salariés avait été faite en novembre 2008. La fermeture était intervenue le 1er octobre 2009. La décision de la cour d'appel de Toulouse était donc particulièrement attendue.

Rappel de l'histoire : en 2009, l'entreprise de Villemur-sur-Tarn est placée en liquidation judiciaire malgré la bonne santé économique de la maison mère, le groupe américain Molex Inc. Les 283 ex-salariés se battent donc pour que Molex assume sa responsabilité, combat qui devient vite emblématique de la lutte contre les "licenciements boursiers". Mais l'hiver dernier, coup de tonnerre, en appel la justice refuse de reconnaître la maison mère comme co-employeur et  considère qu'elle ne peut être tenue pour responsable de la fermeture en 2009-2010 de l'unité Villemur-sur-Tarn. Un choc pour les salariés comme le raconte à France Bleu un délégué syndical. "Les salariés n'ont toujours pas digéré cette décision, ils ont pris un gros coup sur la tête".

Dans leurs arrêts, ce mardi, les magistrats ont estimé que Molex avait agi "avec une légèreté blâmable". Ils écrivent : "Tous les rapports révèlent qu'au cours de la période 2004-2009, les dividendes versés aux actionnaires par le groupe ont été multipliés par six et représentaient en 2009 un montant total de 100 millions de dollars (environ 72 ME aux taux de l'époque)".

Pour Me Jean-Marc Denjean, l'avocat des salariés, même si tout n'est pas parfait dans cet arrêt, au moins "la cour d'appel de Toulouse "rend justice aux Molex".

Ecoutez le reportage de Corinne Cutilla

La bataille judiciaire n'est pas terminée, le sort de trois cadres et d'une vingtaine de salariés est toujours en suspend. Les prochaines audiences auront lieu cet automne.