[scald=101689:sdl_editor_representation]par André Assier

NICOSIE (Reuters) - A l'image de son début d'année 2012 où il n'a enregistré qu'une victoire en sept matches, Lyon a poursuivi sa descente aux enfers avec une élimination en huitième de finale de la Ligue des champions par l'APOEL Nicosie.

Jean-Michel Aulas, le président de l'OL, avait eu une formule prémonitoire lors du tirage au sort de la compétition, en décembre au siège de l'UEFA à Nyon: "C'est le père Noël avant l'heure, mais attention, car le père Noël peut aussi être une ordure."

Et Lyon s'est finalement incliné aux tirs au but mercredi face à l'équipe jugée la plus faible de ces huitièmes de finale.

"Tout le monde voulait affronter cette équipe de Nicosie et on s'aperçoit qu'en phase de poules, elle a fait quelque chose de bien, déjà", rappelle Bernard Lacombe, le conseiller sportif d'Aulas.

"Nous avons eu des possibilités, peut-être à l'aller à Gerland, où nous aurions pu éventuellement marquer deux ou trois buts. Sachez que c'est dur pour le club, les joueurs."

Trois mois après le "miracle" de Zagreb où il avait décroché, le 7 décembre, un 7-1 décisif pour l'accession aux huitièmes de finale, Lyon est tombé de très haut à Chypre.

MANQUE D'ENTHOUSIASME

"Il ne faut pas dire que l'heure est grave. Nous sommes éliminés de la Ligue des champions. C'est vrai que c'est une grande déception mais nous avons encore des objectifs et notamment dès samedi contre Lille en championnat", tente de dédramatiser Bernard Lacombe.

"Mais il est vrai aussi que cette défaite aux tirs au but est très très dure (...) Nous avons eu des possibilités de marquer que nous n'avons pas concrétisées."

A l'image de ses accidents de parcours de 1999 face à Maribor en tour de barrage de la Ligue des champions (défaites 1-0 à Gerland et 2-0 en Slovénie) ou de 2002 face à Denizli Sport ou Slovan Liberec en Coupe de l'UEFA face à des adversaires au maigre CV européen, Lyon se casse une fois encore les dents sur un "petit poucet".

L'APOEL Nicosie, premier club chypriote à accéder aux huitièmes de finale - et désormais aux quarts - de l'épreuve, continuera donc sa route en Ligue des champions.

"C'est un moment historique pour Chypre", se réjouit Phios Erotokritou, le président de l'APOEL. "C'est incroyable et je crois que nous avons mis plus d'enthousiasme dans ce match."

L'enthousiasme, Lyon en a manqué. Cris, le capitaine brésilien de l'OL, évoque, pour sa part, le manque d'ambition.

"Il se passe beaucoup de choses dans la tête. Nous n'avions pas fait le résultat qu'il fallait à Gerland à l'aller. Ils avaient plus d'envie que nous. Nous sommes tristes et déçus", a-t-il reconnu.

"ENCORE DE BELLES CHOSES À FAIRE"

Lyon rate le quart de finale le plus à sa portée de son histoire et de ses neuf participations consécutives à la Ligue des champions depuis mars 2004.

"Nous étions contents d'avoir Nicosie en huitièmes de finale mais nous savions la difficulté de l'affaire. Il y avait une qualité énorme dans cette équipe. Ils l'ont montré à Lyon et ici à Nicosie. C'est une équipe qui joue bien", a constaté Cris.

En difficulté en Ligue 1 et loin du podium qualificatif pour la prochaine Ligue des champions qu'il fréquente depuis septembre 2000, Lyon a peut-être dit adieu pour longtemps à la lucrative coupe d'Europe.

"Il faut que nous prenions la responsabilité de l'élimination. Le groupe doit assumer. Il faut se reprendre. Nous sommes en difficulté. Il faut que cela nous mette en alerte car même si nous avons les qualités, cela ne suffit pas" a de son côté dit le Brésilien Michel Bastos.

"Nous ne les avons pas pris de haut, pas du tout", s'est-il cependant défendu.

Eliminé sans gloire en Ligue des champions avant un quart de finale délicat en Coupe de France ce mois-ci contre le Paris Saint-Germain et une finale de la Coupe de la Ligue en avril face à Marseille, Lyon est donc à la peine mais son entraîneur, Rémi Garde, tente de remobiliser tout le monde.

"Il y a encore de belles choses à faire sur la fin de saison (...) Quand on est professionnel, on se doit de relever la tête et de digérer."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Gilles Trequesser

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