Dialogue renoué entre le patron de la CGT et la ministre du Travail, mais chacun a campé sur ses positions.

Myriam El Khomri et Philippe Martinez
Myriam El Khomri et Philippe Martinez © Maxppp / Christophe Morin

L'entretien a démarré ce vendredi vers 8h entre Philippe Martinez et Myriam El Khomri, qui a accueilli elle-même le syndicaliste. "On va remettre nos propositions. On va faire le point [  ...], Nous, on est toujours constructifs avait-il déclaré à son arrivée, avant cette rencontre inédite depuis le début de la contestation sociale contre la loi travail, au mois de mars.

Pourtant après presque deux heures d'entretien, la CGT a livré un premier constat : "Les désaccords se sont confirmés" avec le gouvernement. Le syndicat a par ailleurs précisé qu'il n'y avait "aucune raison" de renoncer aux journées de mobilisation des 23 et 28 juin prochains.

De son côté, Myriam El Khomri a fait valoir "un échange constructif, argumenté, sur cette primauté que nous entendons donner à l'accord d'entreprise" sur l'accord de branche, l'un des points du texte auxquels s'oppose la CGT, tout en reconnaissant  "des désaccords qui ne sont pas nouveaux". Écoutez le décryptage de cette rencontre et de ses enjeux , par Manuel Ruffez :

L'article 2 de la loi travail non négociable

C'était en effet le principal point de friction discuté : celui de l'article 2, celui qui consacre la primauté des accords d'entreprise sur la branche, et qui a fait l'objet de débats extrêmement tendus au Sénat jeudi, avec près de 200 amendements déposés. cet article "ira jusqu'au bout", avait déjà prévenu Manuel Valls.

Lors de sa rencontre au ministère, Philippe Martinez a également remis des propositions à la ministre concernant les licenciements économiques,  la médecine du travail, ou les référendums d'entreprises. "Il faut retirer ou réécrire ces articles", a-t-il insisté.

INFOGRAPHIE - Article 2 : comment Manuel Valls peut passer en force

INFOGRAPHIE - Article 2 : comment Manuel Valls peut passer en force
INFOGRAPHIE - Article 2 : comment Manuel Valls peut passer en force © Radio France / Visactu

"C'est non négociable, c'est un totem sur lequel le gouvernement ne bougera pas" assure l'entourage de Myriam El Khomri. La position de Philippe Martinez après la rencontre sera très suivie par ses militants: certains restent sur la ligne dure du retrait, quand d'autres s'interrogent sur la capacité de la CGT à maintenir une mobilisation en perte de vitesse face à un gouvernement inflexible.

La loi travail amendée ? 

Reste la possibilité d'un amendement au moment de son deuxième passage à l'assemblée nationale en juillet mais pas à n'importe quel prix pour le gouvernement. L’exécutif s'estime en position de force après les débordements de la dernière manifestation. Manuel Valls avait d'ailleurs pointé du doigt la CGT, qu'il accuse d'avoir une "attitude ambiguë" avec les casseurs. Le syndicat, lui, déplore une sémantique guerrière ces derniers jours. "Il est encore temps d'écrire autre chose dans cette loi que ce qui s'y trouve" estime la CGT. Un possible dialogue peut-il s'ouvrir ?

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