L'exposition "Louise Bourgeois" au Centre Pompidou à Paris (jusqu'au 2 juin) fait le plein. Et c'est une bonne nouvelle pour cette vieille dame indigne qui, à New-York où elle vit depuis 1938, reçoit les jeunes artistes, le dimanche, à l'heure du goûter. Sa condition, pour juger leur travail : qu'ils apportent des oeuvres mais surtout des gâteaux. Alors elle fait des remarques, pas toujours très gentilles. Ainsi, rapportait récemment "Le Monde", en regardant le travail d'une jeune fille, Louise Bourgeois a lancé un laconique et cinglant: "Sunday, bloody sunday!", comprenez : "fichu dimanche"! Dessins, sculptures, gravures : une grande partie de l'oeuvre de l'artiste de 97 ans est représentée dans l'exposition. Cette volonté de retrouver ses rêves d'enfant et de leur donner une forme. Cette interrogation sur la figure maternelle (l'araignée) et paternelle (moulte symboles du pénis) à partir des matériaux les plus variés : bois, cuir, vêtements, tissus... Il est écrit, dans un cartel passionnant: "La tapisserie de ses souvenirs se tisse et se retisse, dans un éternel recommencement. L'oeuvre de Louise Bourgeois est une lutte constante contre la dépression, l'angoisse, la peur de ne plus être aimée, d'être abandonnée. Le travail artistique est une réparation, une restauration".A l'entrée, la maquette d'une maison, en marbre, est posée devant une guillotine qui menace de la couper en deux. Oeuvre très forte qu'il ne faut peut-être pas interpréter comme de la colère vis à vis du passé familial, mais plutôt comme un geste positif, une manière de sublimer, par l'art, ce qui du passé pourrait être morbide. Lisez la légende : "Pour elle, la peur est un état passif, et l'objectif c'est d'être actif et de prendre le contrôle, d'être vivant ici et maintenant. Le mouvement se fait du passif vers l'actif, car si le passé n'est pas nié dans le présent, on ne vit pas". Louise Bourgeois crée, encore. En témoigne un dessin de l'année dernière, une longue grappe blanche, grise et bleue, intitulée (preuve qu'un artiste ne trouve jamais, mais cherche, cherche...): "D'où vient ma motivation?"

Louise Bourgeois et sa "Fillette" à la main
Louise Bourgeois et sa "Fillette" à la main © Radio France
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