Le journaliste Loup Bureau sera bientôt libéré. Il était emprisonné en Turquie depuis le 26 juillet. Il doit désormais être expulsé.

Campagne pour la libération de Loup Bureau
Campagne pour la libération de Loup Bureau © AFP / JULIEN MATTIA / NURPHOTO

Selon Martin Pradel, l'avocat de Loup Bureau, le jeune journaliste sera expulsé de Turquie prochainement. Cette libération interviendra donc après la visite du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui avait demandé aux autorités turques une procédure pour clarifier rapidement sa situation.

"C’est difficile de confirmer" que Loup Bureau rentrera en France ce samedi "mais le principe du retour est acté", a indiqué Martin Pradel.

Arrêté près de la frontière irakienne, Loup Bureau avait été placé en détention provisoire le 1er août. Le journaliste âgé de 27 ans était retenu en prison à Şırnak, dans le sud-est de la Turquie. Au moment de son arrestation, il préparait un reportage sur la question kurde. Des photos le montrant en compagnie de combattants kurdes syriens des YPG (un mouvement considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara) ont été trouvées en sa possession, ce qui a convaincu les autorités turques de l'accuser d’activités en lien avec le terrorisme.

La réaction de Loïc Bureau, le père de Loup : "*_C'est extraordinaire, c'est au moment où on était le plus bas qu'arrive la bonne nouvelle"*_

Fin août, le président français Emmanuel Macron avait demandé à son homologue turc sa libération rapide et son retour en France. Loïc Bureau, le père du journaliste, avait exhorté mercredi le ministre français des Affaires étrangères, à la veille de son déplacement à Ankara, à ramener son fils de Turquie.

Un enjeu géopolitique

La justice turque a rejeté à deux reprises une demande de libération conditionnelle de Loup Bureau, selon Martin Pradel, l'un des avocats français du jeune journaliste. Jeudi le chef de la diplomatie française avait également répété la volonté de Paris de ne "pas rompre" avec Ankara, malgré les tensions entre l'Union européenne et la Turquie.

"La position de la France est claire, nous ne voulons pas de rupture avec la Turquie", a expliqué Jean-Yves Le Drian, "mais nous sommes préoccupés par certains développements auxquels nous assistons", a-t-il ajouté, appelant la Turquie à "prendre des initiatives pour affirmer sa volonté de respecter les valeurs européennes". Alors que les relations entre la Turquie et l'Allemagne sont particulièrement tendues, notamment depuis le putsch manqué du 15 juillet 2016, Angela Merkel a annoncé début septembre être favorable à un arrêt des négociations d'adhésion de la Turquie avec l'UE, au point mort depuis des années, provoquant la colère d'Ankara.

La Turquie, une prison pour les journalistes

Selon Reporters sans Frontières, la Turquie est classée 155e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse. "Depuis la tentative de putsch de juillet 2016, près de 150 médias ont été fermés, les procès de masse se succèdent et plus de 100 journalistes sont emprisonnés, un triste record mondial", explique RSF.

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