PARIS (Reuters) - Le PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, Bernard Arnault, s'est défendu vendredi de tout interventionnisme politique dans la reprise d'un site de Lejaby et affirmé qu'un de ses fournisseurs l'avait informé en premier des difficultés de l'entreprise, avant le président Nicolas Sarkozy.

Une offre de reprise du site du fabricant de lingerie féminine à Yssingeaux (Haute-Loire) va être déposée par le maroquinier Sofama, un fournisseur de Louis Vuitton, propriété du groupe LVMH, ont annoncé mercredi les autorités françaises.

Nicolas Sarkozy avait promis dimanche dernier, lors d'une intervention télévisée, qu'il "ne laisserait pas tomber Lejaby".

Il devait recevoir ce vendredi à l'Elysée les ouvrières d'Yssingeaux, dont le sort avait été très médiatisé, à moins de trois mois de l'élection présidentielle.

Depuis, des médias ont rapporté que Bernard Arnault avait agi en service commandé du chef de l'Etat, dont il est proche.

"Que Nicolas Sarkozy, président de la République, s'intéresse au sort de l'emploi, rien de (plus) normal. Mais encore une fois, nous avons fait cet investissement pour des raisons purement techniques", a déclaré Bernard Arnault sur France Info vendredi matin.

"C'est le fournisseur de Vuitton qui nous a contactés en premier", a-t-il ajouté.

"Nous avons, depuis des années, une progression de nos entreprises de maroquinerie qui nous amène tous les ans à engager plusieurs centaines d'artisans en France."

Sofama se propose de reprendre la totalité des 93 employés qui fabriquaient de la lingerie féminine sur le site de Lejaby. Si l'offre aboutit, l'usine d'Yssingeaux se transformera en maroquinerie.

LVMH a publié jeudi soir des résultats annuels en nette hausse, notamment grâce à la vigueur des activités de Louis Vuitton.

Le tribunal de commerce de Lyon avait attribué le 18 janvier dernier la société Lejaby à Alain Prost, ancien dirigeant de La Perla et de Chantelle, allié à Ysalis, sous-traitant tunisien du fabricant français de lingerie féminine, et à Christian Bugnon, fils du fondateur de la marque.

Leur projet de reprise prévoit de ne conserver que 195 salariés sur 450 sur le site de Rillieux ainsi que la fermeture du site d'Yssingeaux, tout en de disant prêt à offrir le matériel - machines et tables de coupe - à un repreneur.

Matthias Blamont, édité par Yves Clarisse

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.