Ce matin à Inter, deux personnalités parlent de mai 68. La première Ghislaine Otteinheimer, avouent qu'elle était trop jeune pour vivre les évènements. La seconde, Denis Jeambar, avoue qu'il était "coincé" à Saint-Tropez ou dans le coin, et qu'il bossait son droit... Comment parler de Mai 68 sans l'avoir vécu? Combien de personnalités, en parlèrent sans l'avoir vécu? Tillinac, par exemple, jaloux d'une période qui lui est passée au dessus de la tête. Tout le monde crache volontiers sur Mai 68. Bon. Cela dit, ce fut un moment de révolution absolue et de bonheur absolu. Outre le plaisir de jouer à la guéguerre avec les CRS, et de parler, parler à l'infini, quel bonheur de voir enfin, le pouvoir à poil! Les puissants, les donneurs de leçons, les importants, les "élites" (Ne dites pas Monsieur le Professeur, dites "crève salope"), mais quelle jouissance d'une sublime anarchie! Ca n'a pas duré longtemps: une semaine peut-être. Aussitôt sont arrivés les "responsables", les "sages", Séguy, Pompidou, Mitterrand. Mais que ce fut drôle de voir le curé sans soutane, le prof sans toge, le juge sans mortier et l'homme politique sans rien, rien. Bon, une société ne peut vivre dans l'anarchie, d'accord, faut des règles, je suis trop plongé en ce moment dans "Malaise dans la civilisation" pour ne pas le savoir. Mais ça me fait mal au coeur de voir les absents et les embusqués parler de la guerre, comme les curés parler de sexe. Je préfère quand Miller parle de sexe. Mai 68, mais quel pied, quelle rigolade!

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