Manuel Valls et Bernard Cazeneuve à Marseille
Manuel Valls et Bernard Cazeneuve à Marseille © MaxPPP / ARNOLD JEROCKI

Manuel Valls est à Marseille pour deux jours. Une visite sur le thème de la sécurité, avec un satisfecit programmé : les chiffres de la délinquance sont en baisse, signe selon le Premier ministre que la mise en place des Zones de sécurité prioritaire (ZSP) porte ses fruits. Problème : quelques heures avant son arrivée, des hommes cagoulés ont arrosé de tirs de kalachnikov trois voitures de police dans le quartier de la Castellane.

-30% de vols à main armées, -20% pour les agressions de personnes : « la délinquance recule de manière significative dans les Bouches-du-Rhône », martèle Manuel Valls dès son arrivée à Marseille.

Mais il tempère: « gardons-nous de tout triomphalisme. »

Il faut dire que son discours de félicitations aux forces de l’ordre marseillaise a pris du plomb dans l’aile: quelques heures plus tôt. Dans les quartiers Nord, cité de la Castellane, trois véhicule de police ont été « rafalés » à la kalachnikov par des hommes cagoulés. Pas de blessé, mais la Castellane a passé la journée en état de quasi-siège : une centaine de policiers en arme, un hélicoptère et un blindé du GIPN ont pris position dans ce quartier de 7000 âmes, réputé pour avoir vu les premiers dribbles du jeune Zinédine Zidane et pour être un haut-lieu du trafic de stupéfiants. Habitants confinés chez eux, crèche évacuée, immeubles perquisitionnés : Manuel Valls se satisfait de la réaction policière à ces tirs «inacceptables » : « Il y a peu de temps, on n'aurait pas pu intervenir aussi rapidement, boucler le quartier, protéger les écoles, protéger les habitants, et s'emparer de plusieurs armes de guerre ", apprécie Manuel Valls, évoquant la cache d’arme et la dizaine de kalachnikovs découvertes lors de perquisitions.

Une inévitable "rechute "

Pour le Premier ministre, l‘épisode de la matinée n’est pas lié à sa venue dans la cité phocéenne. Aux journalistes, il déclare : « vous avez envie de croire de belles histoires, de fausses histoires. » Mais les tirs de kalachnikov sur des policiers sont pour lui « une rechute » qui confirme qu’ «il faut une action globale dans le temps » pour les quartiers populaires.

Il faut casser les ghettos, sinon tout va exploser

Un peu plus tôt, face à des jeunes issus de ces quartiers, Manuel Valls avait dit sa volonté de « casser les ghettos, les murs qui sont souvent dans les têtes », prophétisant que « sinon, on sent bien que tout va exploser . Pour éviter cet embrasement, il promet plus de rénovation urbaine, plus de « culture et de vie » dans les cités. « Il faut lutter contre ces processus qui visent à mettre toujours dans les mêmes quartiers les mêmes personnes des mêmes origines, pour qu’ils s’y sentent complètement isolés »

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