le débat-marathon sur le mariage gay va s’ouvrir au sénat
le débat-marathon sur le mariage gay va s’ouvrir au sénat © reuters

Les sénateurs ont engagé l'examen du projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe, sur fond de tensions... Même si l'ambiance semble plus apaisée qu'à l'Assemblée, pour l'instant. Le projet devrait être adopté sans heurt majeur.

Après quinze jours de débats émaillés d'incidents et de manifestations monstres des opposants au mariage homosexuel, les députés avaient adopté le 11 février ce projet de loi, un des engagements de la campagne présidentielle de François Hollande. Les sénateurs feront-ils de même ? C'est très probable.

Les débats au Sénat s'annoncent en effet moins vifs qu'à l'Assemblée et l'adoption finale ne fait guère de doute. "Pas question de faire de l'obstruction", assure-t-on au groupe UMP... alors que l'opposition avait déposé quelque 5.000 amendements à l'Assemblée. Seuls 279 l'ont été au Sénat, qui examinera le texte jusqu'au 13 avril.

Bref, on prend les mêmes et on recommence. Les explications de Laetitia Saavedra.

L'UMP, comme à l'Assemblée, a décidé de défendre trois motions de procédure et pourrait, comme ce fut le cas au Palais Bourbon, présenter une motion référendaire dont l'objet est, si elle est adoptée, de soumettre le projet de loi à référendum.

"Je sais que je suis dans une maison dont la culture pousse davantage vers le fond et vers le droit que vers les joutes et les polémiques", a dit la ministre de la Justice Christiane Taubira en référence aux débats houleux à l'Assemblée.

Les opposants crient et prient au Luxembourg

Les opposants au mariage pour tous n'ont toutefois pas désarmé. Après les impressionnants défilés des 13 janvier et du 24 mars, qui ont réuni selon eux plus d'un million de personnes à chaque fois (mais seulement 300.000 selon la police), ils étaient plusieurs centaines à manifester jeudi aux abords du palais du Luxembourg. "Il y a une solution politique pour sortir de cette tension sociale dans laquelle nous sommes et qui se lève de plus en plus en France", a dit Frigide Barjot porte-parole du collectif "la manif pour tous". "C'est que les sénateurs rejettent la loi, c'est tout simple, et que le président de la République en tire les conclusions pour mettre fin à cette procédure législative et qu'elle ne retourne pas à l'Assemblée nationale, c'est ce que nous venons dire aujourd'hui".

Écoutez Frigide Barjot au micro de Nour-Eddine Zidane.

L'Institut Civitas, proche des catholiques intégristes, compte prier en début de soirée devant le Sénat où les mesures de sécurité ont été renforcées.

Des opposants ont aussi réveillé Chantal Jouanno, sénatrice centriste de Paris, favorable à la réforme.La gauche disposant d'une faible majorité à la haute assemblée - six voix - le scrutin final s'annonce serré. Plusieurs élus de la majorité, notamment ultramarins, ont d'ores et déjà annoncé qu'ils voteraient contre ou s'abstiendraient. Mais ces défections devraient être compensées par une douzaine de votes "pour" et autant abstentions d'élus de l'UMP ou de l'UDI (centriste).

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