Le rétropédalage

Le président de la République retire l'expression "liberté de conscience" pour les élus appelés à célébrer les mariages homosexuels. L'utilisation de cette expression, mardi au congrès des maires de France, a relancé une polémique sur le mariage pour tous, qui fait débat dans le pays.

Il y était question, pour les maires, de faire valoir leur "liberté de conscience" dans le cadre de l'application de la future loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Ce principe pourrait être appliqué, par exemple, en accordant le droit de procéder à la cérémonie à l'ensemble des conseillers municipaux, et non plus seulement aux maires et ses adjoints.

La polémique

Il n'était pour autant pas question de donner une quelconque base juridique à cette liberté de conscience qui ne figurera, évidemment, pas dans la loi.

La réaction de plusieurs maires au micro de Grégoire Lecallot

Selon François Hollande lors du Congrès des maires de France > Les maires sont les représentants de l'Etat, ils auront si la loi est votée à la faire appliquer. Mais (...) des possibilités de délégation existent, elles peuvent être élargies, et il y a toujours la liberté de conscience. La loi s'applique pour tous, dans le respect néanmoins de la liberté de conscience. Il sera possible pour tout couple homosexuel ou hétérosexuel de se marier dans sa commune de rattachement, il n'y aura pas de dérogation à cette règle L'idée de célébrer la cérémonie ailleurs que dans la mairie sera aussi discutée, a souligné une autre source dans l'entourage du chef de l'Etat, qui précise que la garde des Sceaux Christiane Taubira, qui a présenté le projet de loi, sera chargée d'engager des discussions à ce sujet avec l'Association des maires de France (AMF). Sur TF1 mardi soir, le nouveau président de l'UMP, Jean-François Copé a parlé d'un chef de l'Etat "très mal à l'aise". > Je le comprends. Il a vu des dizaines et des dizaines de milliers de Français dire leur inquiétude, leur incompréhension. Il faut que François Hollande sache que c'est un projet (...) qui est en train de vraiment fracturer la cohésion de la société française, parce que derrière, c'est la question de la parentalité L'ancienne ministre du Logement, Christine Boutin, s'est immédiatement réjouie sur twitter parlant d'"une victoire": > Hollande reconnaît "la liberté de conscience" des maires. 1 victoire, continuons: bientôt le îréférendum! De son côté, l'UMP Roselyne Bachelot qui s'est, elle, déclaré en faveur du mariage gay, s'est interrogée toujours sur Twitter > Incroyable déclaration de à fhollande au CongrèsDesMaires sur le droit de retrait des maires. Pose une question de constitutionnalité, non? Jean-Luc Roméro, conseiller régional d'Ile-de-France (apparenté Parti Socialiste) lui aussi partisan du mariage pour tous, là aussi sur Twitter > Si tous les élus d'une mairie usent de la liberté de conscience pour refuser un mariagepourtous comment appliquer la loi/respecter l'égalité Le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe a été présenté en conseil des ministres le 7 novembre et doit arriver au Parlement dans la seconde quinzaine de janvier. Durant sa campagne, François Hollande a promis que les homosexuels pourraient se marier et adopter des enfants à partir du printemps 2013. La mise en oeuvre de cet engagement suscite la désapprobation d'une partie des Français: des manifestations ont été organisées et des pétitions ont été lancées contre ce projet. Certains maires ont prévenu qu'ils refuseraient de célébrer des mariages entre personnes du même sexe.
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