début du débat sur le mariage homosexuel à l'assemblée
début du débat sur le mariage homosexuel à l'assemblée © reuters

Le Sénat l'examinera à son tour à partir du 18 mars en séance publique. L'opposition UMP a mené bataille contre la réforme en utilisant tous les moyens dont elle disposait pour ralentir les débats : défense un par un de ses nombreux amendements, demandes de suspension de séance et de scrutins publics, rappels au règlement, propos parfois vifs.

Les UMP Hervé Mariton, Philippe Gosselin ou Marc Le Fur, sans oublier Christian Jacob, le président du groupe, ont longuement croisé le fer avec le gouvernement mais également Jean-Jacques Urvoas (PS), le président de la commission des Lois, et Erwann Binet (PS), le rapporteur du texte.

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a dû sans faiblir répondre aux nombreuses interpellations de l'opposition qui, profitant d'une certaine confusion au sein du gouvernement, a essayé de détourner les débats sur la gestation pour autrui (GPA) puis sur la procréation médicalement assistée (PMA).

Le résumé de cette dernière nuit de débat par Laëtitia Saavedra

L'UMP a déposé environ 5 000 amendements sur ce texte qui compte une vingtaine d'articles. Des amendements pour la plupart de suppression et identiques déposés par séries.

C'est samedi dernier à mi-journée que l'Assemblée avait adopté par 249 voix contre 97 l'article premier du texte, l'article clé du texte puisqu'il supprime l'exigence de la différence des sexes comme condition du droit au mariage. Depuis plusieurs jours déjà, la fatigue commencait à fairesentir ses effets et les groupes, notamment de l'opposition, avait de plus en plus de mal à mobiliser leurs troupes.

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Du fait de la fatigue et de la lassitude, les incidents en séance étaient de plus en plus nombreux et le ton se faisait de plus en plus dur, parfois à la limite du dérapage.

Le bilan de Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée : "fier d'avoir mené cette bataille"

C'est une fois l'article 4 voté, dans la nuit de jeudi à vendredi, que les débats se sont accélérés et que les uns et les autres se sont accordés afin de ne pas sièger deux week-ends de suite, ce qui aurait été une première au Palais-Bourbon.

Pour Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, c'est "une première étape"

Afin d'éviter une seconde lecture à l'Assemblée qui risquerait encore de voir les débats une nouvelle fois trainer, il n'est pas exclu que le Sénat, où toute la gauche, y compris le Front de gauche, soutient la réforme, vote le projet de loi dans les mêmes termes que l'Assemblée, c'est-à-dire fasse un "conforme". Le président du Sénat, Jean-Pierre Bel (PS), n'a pas exclu cette éventualité qui signifirait une adoption définitive de la réforme par le Parlement.

Pour la sénatrice communiste des Hauts-de-Seine, Brigitte Gonthier-Morin, le projet va passer au Sénat mais les débats sur la PMA devraient continuer

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