PARIS, 20 novembre (Reuters) - François Hollande a déclaré mardi que les maires ne devaient pas être obligés de célébrer les mariages de personnes du même sexe, évoquant la possibilité de déléguer la direction de la cérémonie au nom du respect de la liberté de conscience.

Le droit au mariage pour tous, qui sera discuté au Parlement début 2013, continue de faire débat. Des manifestations ont été organisées et des pétitions ont été lancées contre ce projet. Certains maires ont prévenu qu'ils refuseraient de célébrer des mariages entre personnes du même sexe.

"Les débats sont légitimes pour une société comme la nôtre", a déclaré François Hollande à l'ouverture du Congrès des maires, à Paris.

Les maires auront à appliquer la loi mais leur liberté de conscience sera respectée, a dit le chef de l'Etat. "Les possibilités de délégation existent, elles peuvent être élargies et il y a toujours la liberté de conscience", a dit le président. "Ma conception de la République vaut pour tous les domaines", a-t-il ajouté. "La loi s'applique pour tous dans le respect, néanmoins, de la liberté de conscience".

François Hollande

L'entourage du président de la République a précisé qu'il serait "possible, pour tout couple, homosexuel ou hétérosexuel, de se marier dans sa commune de rattachement". "Il n'y aura pas de dérogation à cette règle", a-t-on insisté. "Evidemment, la liberté de conscience existe et on va trouver des modalités juridiques pour faire appliquer ce

principe, quitte à élargir par exemple la possibilité de délégation aux conseillers municipaux", a-t-on encore expliqué de même source.

Les propos de François Hollande ont été mal accueillis par des associations de défense des droits des homosexuels.

"C'est une expression inattendue", a dit à la presse Nicolas Gougain, porte-parole de l'association Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans. "Je ne comprends pas comment on pourrait justifier qu'une loi ne s'applique pas de la même manière partout sur le territoire de la République."

Nicolas Gougain interrogé par Julie Marie-Leconte

A l'UMP, Patrick Ollier s'est dit "heureux" de voir prise en compte sa "position de refus de célébrer, en tant que maire, le mariage entre deux personnes de même sexe". "Mais la liberté de conscience avancée par François Hollande doit être la même pour tous, tant pour les élus au sein des conseils municipaux que pour les députés et les sénateurs au moment de voter ce projet de loi", ajoute dans un communiqué le maire de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), ancien ministre chargé des relations avec le Parlement.

Il considère que cette question pose, à cet égard, des problèmes de constitutionnalité.

REUTERS Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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