par Guillaume Frouin

BOUGUENAIS, Loire-Atlantique (Reuters) - Trois jours après la mort de Mohamed Merah, l'auteur des tueries de Montauban et Toulouse, Marine Le Pen est revenue dimanche aux fondamentaux du Front national en faisant le procès de l'immigration et de la délinquance dans les banlieues françaises.

Lors d'un meeting à Bouguenais (Loire-Atlantique), en périphérie de Nantes, la candidate à l'élection présidentielle a promis de "réduire l'immigration légale de 200.000 entrées par an à 10.000 entrées par an" si elle était élue à l'Elysée.

"Combien de Mohamed Merah, dans les avions et les bateaux, qui arrivent chaque jour en France ? Combien de Mohamed Merah, dans les 300 clandestins qui arrivent chaque jour en Grèce via la Turquie, première étape de leur odyssée européenne ?", a lancé Marine Le Pen devant plus d'un millier de sympathisants.

Mohamed Merah, le jeune homme d'origine algérienne de 23 ans qui a abattu entre le 11 et le 19 mars trois militaires ainsi qu'un adulte et trois enfants devant une école juive, a été tué jeudi matin lors d'une opération du Raid contre le domicile toulousain où il s'était retranché. Son frère aîné était entendu dimanche à Paris par un juge d'instruction antiterroriste.

Marine Le Pen s'est engagée à faire voter la "présomption de légitime défense" pour les policiers si elle était élue et à abolir le "droit du sol" qui accorde la nationalité française aux étrangers nés dans en France.

"Je ne veux plus de manifestation de clandestins ou de soutien aux clandestins, elles seront interdites", a également clamé la candidate FN, décidée à "mettre l'islam radical à genoux".

"Aux personnes qui reviendront d'un voyage suspect en Afghanistan ou dans tout autre pays dans lequel on entraîne au terrorisme, ils seront remis immédiatement à la frontière", a ajouté la candidate du Front national.

L'enquête sur les crimes de Toulouse et Montauban a révélé que Mohamed Merah avait effectué plusieurs voyages à l'étranger, en Afghanistan et au Pakistan notamment.

"Quant à ceux qui ont la nationalité française, ils se verront apposer le port d'un bracelet électronique permanent dès leur retour en France", a ajouté Marine Le Pen.

"Que l'on ne m'accuse pas de récupérer ce drame à des fins politiques", avait prévenu d'emblée la présidente du Front national. "Ceux qui nous disent cela méprisent le peuple de France. J'accuse à l'inverse ceux qui nous empêchent de poser des questions : ils sont irresponsables, ils sont dangereux et ils nous mènent en bateau".

Edité par Sophie Louet

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.