Mario Monti a déclaré dimanche qu'il ne serait pas candidat aux législatives des 24 et 25 février en Italie mais s'est dit prêt à "envisager" ensuite un nouveau mandat à la tête du gouvernement si des forces politiques adhérant à son programme de réformes le lui demandaient.

Je ne serai pas candidat à une circonscription électorale, notamment parce que je suis sénateur à vie. Je ne suis dans aucun parti. Si une force politique crédible me demande d'être candidat au poste de président du Conseil en son nom, je l'envisagerai. Si une force politique crédible me demande d'être candidat au poste de président du Conseil en son nom, je l'envisagerai. Je serais prêt à offrir mon soutien, des conseils et si nécessaire à guider (cette force ou coalition politique)

Mario Monti
Mario Monti © Reuters / Alessandro Bianchi

Interrogé sur un éventuel avenir à la tête de l'État, le président du Conseil sortant a répondu qu'il ne serait probablement jamais président de la république italienne, alors que nombre d'observateurs voyaient en lui un possible candidat pour ce poste.

La question se poserait en des "temps et événements qui ne se matérialiseront vraisemblablement jamais", a-t-il expliqué. Mario Monti, qui reste en charge des affaires courantes, a par ailleurs reconnu qu'il était "incapable de comprendre" les revirements à son égard de son prédécesseur Silvio Berlusconi et qu'il lui était impossible d'accepter sa proposition de mener une coalition conservatrice lors des prochaines élections.

Le Peuple de la liberté (PDL, centre-droit), le parti créé par Berlusconi, a cependant exhorté le chef du gouvernement italien à ne pas entrer dans la campagne, tout comme le Parti démocrate (PD, centre-gauche).

Aux attaques du "Cavaliere" de ces derniers jours, Mario Monti a répondu en mettant en avant son bilan sur le plan européen. "Tout le monde en Europe sait que l'Italie compte bien plus en Europe maintenant qu'il y a un an", a-t-il argué.

Les précisions à Rome d'Anaïs Feuga

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La carrière de Mario Monti
La carrière de Mario Monti © Idé / Idé

Après 13 mois passés au palais Chigi, Mario Monti a démissionné vendredi après le vote du budget 2013 par le Parlement comme il s'y était engagé après la fronde menée par les élus du PDL.

L'ancien commissaire européen, qui pense qu'une opposition classique droite-gauche n'est plus appropriée à la situation en Italie, a par ailleurs dit espérer que le prochain gouvernementjouirait d'une large majorité parlementaire. Il a prévenu :

Nous devons éviter de faire des pas en arrières illusoires et extrêmement dangereux.

Dans une interview publiée quelques heures plus tôt par le quotidien La Repubblica, il laissait entendre qu'il ne serait probablement pas candidat mais qu'il essaierait de convaincre levainqueur du scrutin de continuer à mettre en oeuvre son programme de réformes.

Il exprimait aussi ses craintes concernant les forces politiques en présence. La plate-forme du Parti démocrate, grand favori de l'élection, penche trop à gauche, craint-il. Quant àBerlusconi, il ne le soutiendra "jamais". Et les formations centristes ne le convainquent pas.

Certains observateurs envisageaient pourtant que le chef du gouvernement sortant apporte son soutien à une nouvelle formation centriste créée par le président du groupe Ferrari, Luca Cordero di Montezemolo, ou encore qu'il soutienne plusieurs petits partis qui s'engageraient à poursuivre sa politique de rigueur budgétaire.

Nommé en novembre 2011 à la tête d'un gouvernement de technocrates pour aider l'Italie à sortir de la crise financière, Mario Monti a également appelé dimanche au respect des règles européennes et préconisé une refonte draconienne du marché du travail, qu'il détaillera parmi d'autres réformes dans des recommandations au futur gouvernement.

Le "Professore" est plébiscité par de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement en Europe mais la politique d'austérité qu'il a menée ne l'a pas rendu populaire dans son pays - 61% desélecteurs interrogés par l'institut de sondage SWG ne souhaitent pas qu'il entre dans la campagne.

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