Le Premier ministre Jean Marc Ayrault a dévoilé sa vision du Grand Paris. Parmi les chantiers prévus, un super métro automatique sur 200 km autour de la capitale avec 72 nouvelles gares. Un projet qui devra se serrer la ceinture : 3 milliards d'économies.

On avait un temps évoqué un projet réalisé par étapes, par petits bouts... Une stratégie finalement rejetée officiellement par Matignon. Oui, le réseau ferré francilien sera bien remodelé intégralement. Mais il devra aussi coûter moins cher. Le Premier ministre donne ainsi un nouveau coup de frein au pharaonique Grand Paris dont rêvait Nicolas Sarkozy.

Si la révolution ferroviaire elle-même, destinée à désengorger un réseau vieilli et saturé qu'empruntent quotidiennement plus de 8,5 millions de voyageurs, n'est pas remise en cause, elle devra se faire à coût réduit.

Explications d'Antoine Giniaux.

Le coût de ce "Grand Paris Express", estimé en 2008 par le gouvernement Sarkozy à 20,5 milliards d'euros, est en fait de 29,9 milliards d'euros, aux conditions économiques actuelles, a déclaré le Premier ministre dans un discours prononcé à Champs-sur-Marne, à une vingtaine de kilomètres à l'est de Paris.

La Société du Grand Paris, établissement public en charge des infrastructures de transport, devra un présenter un plan permettant de réduire la facture de trois milliards, a-t-il dit. "Le projet coûte en effet beaucoup plus cher que ce qui avait été annoncé par le gouvernement précédent", a expliqué Jean-Marc Ayrault. "Nous avons toutefois décidé de l'optimiser, notamment en développant des métros aux capacités adaptées là où c'est justifié, et nous pourrons économiser trois milliards d'euros".Le chantier le plus spectaculaire, une nouvelle ligne de métro souterrain automatique ceinturant Paris, sera achevé, comme l'ensemble du projet, à l'horizon 2030, a assuré Jean-Marc Ayrault.

"Le Nouveau Grand Paris est financé pour le réseau existant"

En parallèle, le Premier ministre annonce aussi avoir débloqué "deux milliards d'euros supplémentaires", réservés au financement de la modernisation et du développement des transports franciliens existants.

"Le Nouveau Grand Paris est financé pour le réseau existant. J'ai en effet décidé d'affecter deux milliards d'euros supplémentaires" sur ce point, explique le Premier ministre.

"Tous les chantiers seront donc mis en oeuvre, dont les tramways, et notamment ceux qui me tiennent à coeur comme le T4, qui desservira Clichy-sous-Bois et le plateau de Montfermeil", en Seine-Saint-Denis. Des banlieues qui avaient été le foyer des émeutes en 2005.

Les maires de banlieue espèrent justement que le projet pourra changer - enfin - le quotidien des habitants notamment de Seine-Saint-Denis. À Clichy-sous-Bois par exemple, privé de gare aujourd'hui, et victime d'un réel enclavement territorial.

Le reportage de Nour-Eddine Zidane

Le projet de Grand Paris
Le projet de Grand Paris © Radio France

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.