P Billaud
P Billaud © Radio France

C'est impudique d'écrire le manque d'un ami. Tant pis. Pierre Billaud me manque, nous manque, ici à Inter. Il est mort il y a dix ans, le 11 novembre 2001, en même temps que Johanne Sutton de RFI et nous sommes des dizaines à ne pas avoir encore admis sa mort, à imaginer qu'il pourrait bien encore surgir d'un couloir ou dans un bureau, avec un rire d'enfant.

Il y a dix ans, le 11 novembre, en compagnie d'un confrère allemand lui aussi disparu et de quelques journalistes dont Véronique Rebeyrotte de France Culture, l'une des rares survivantes de l'expédition, il avance vers Kaboul, sur un char. Pierre a convaincu ses camarades que la route était enfin libre, mais il reste des poches de résistance. Des talibans sont armés, ils tirent. Trois journalistes tombent sous leurs balles.

11 ans plus tôt, Pierre et moi étions journalistes à l'IUT de Bordeaux. Entre nous, ce fut d'abord la guerre. Une jalousie de la part du gamin fou de radio qu'était Pierre qui s'est vite transformée en amitié profonde. Engagé lui à Info, moi à Inter, nous nous retrouvions flashmen de nuit. A l'aube, nous allions prendre le petit déjeuner en riant de nos vieilles querelles. Onze ans d'amitié ricaneuse avec un Pierre aussi doué devant un micro de présentateur qu'un micro à la main. Il a couvert de nombreux conflits comme grand reporter: Tchétchénie, Israël, Palestine, le Kosovo, Afghanistan.... Il aimait profondément le journalisme, passionnément la radio. Il a rejoint RTL deux ans avant sa mort, à 31 ans.

Pierre Billaud
Pierre Billaud © Radio France

Depuis 2001, les jours sombres ou sans désir, c'est à Pierre que je pense. A l'engueulade qu'il me passerait s'il me voyait flancher ou paresser. Sa présence invisible est une aide, une énergie providentielle.

Ses amis d'Inter, d'Info, de RTL adressent à sa famille, à Emmanuelle, à celles et ceux qui aimaient Pierre, leurs pensées et leur sympathie.

http://www.franceinter.fr/dossier-il-y-a-10-ans-pierre-johanne-et-wolker

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