A partir de ce jeudi, les victimes du Médiator peuvent déposer leur demande d'indemnisation. Le décret sur la procédure entre en application : toute personne ayant pris du Médiator et ayant des troubles physiologiques peut-être liés à la prise du médicament peut faire une demande d'indemnisation auprès de l'ONIAM, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, qui centralisera toutes les demandes. Mais pas question que les indemnisations soient à la charge du contribuable. Dans un communiqué, Xavier Bertrand a mis la pression sur Servier : c'est le laboratoire qui doit dédommager les victimes.

Chaque dossier sera examiné par un collège de sept experts dont l'un aura été proposé par Servier et un autre par les associations de patients.

Dominique Martin, directeur de l'ONIAM, décrit le fameux collège d'experts

Si les médecins experts établissent un lien de causalité entre la prise de Médiator et une pathologie, Servier devra faire une proposition d'indemnisation chiffrée et aura un mois pour la verser.

Si la somme est insuffisante ou si Servier refuse de payer, l'ONIAM dédommagera la victime. Puis se retournera contre le laboratoire pour récupérer les sommes versées, ainsi qu'une possible majoration allant jusqu'à 30%.

Les précisions de Michèle de Kerkhove, vice-présidente de la fédération nationale des associations d'aide aux victimes

Quelque cinq millions de personnes ont pris du Médiator entre 1976 et 2009, année où il a été retiré du marché. Ce médicament essentiellement destiné aux diabétiques en surpoids et largement utilisé comme coupe-faim, pourrait avoir provoqué la mort de 500 à 2.000 personnes. Aujourd'hui, de nombreux utilisateurs souffrent d'atteintes cardiaques, notamment de valvulopathies.

Indemnisation, mode d'emploi :

  • Le formulaire de demande est disponible sur le site de l'ONIAM : www.oniam.fr

  • Renseignements :0810 600 160 (coût d'une communication locale)
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