le mediator pourrait avoir fait 1.800 morts
le mediator pourrait avoir fait 1.800 morts © reuters

Marie-Thérèse Hermange, ex-sénatrice UMP et Jean-Philippe Seta, le N.2 de Servier, ont été mis en examen vendredi soir mais on ne l’a appris qu’aujourd’hui.

L’enquête pour trafic d'influence, ouverte fin 2011, vise le laboratoire Servier, soupçonné d'être intervenu pour qu'un rapport sénatorial minimise ses responsabilités dans l'affaire du Mediator et insiste sur celle de l'Agence du médicament.

Les soupçons sont nés d'écoutes téléphoniques. On y entend Claude Griscelli, professeur de pédiatrie et de génétique qui a été directeur général de l'Inserm, expliquer avoir travaillé sur le rapport à la demande de Marie-Thérèse Hermange, responsable de la rédaction d'un rapport du Sénat et avoir "fait changer pas mal de choses". Cette conversation Griselli l’a tenue avec le directeur opérationnel du groupe Servier, Jean-Philippe Seta.

Interrogés en 2011, Marie-Thérèse Hermange, qui n'est plus sénatrice depuis septembre de cette même année et le groupe Servier ont catégoriquement démenti.

« Il y a une infiltration tentaculaire des laboratoires Servier au sein de notre République »

Il s'agit d'une mise en examen "essentielle" pour Irène Frachon, la pneumologue qui a révélé les effets néfastes du médicament.

« Sans un réseau d'influence, Servier n'aurait jamais pu agir et contourner toutes les agences de sécurité »

Maître Jean-Christophe Coubris, l'un des avocats des victimes du Médiator, interrogé par Dominique Loriou

### Trois enquêtes distinctes sur le Médiator L'information judiciaire pour trafic d'influence est conduite à Paris en parallèle avec plusieurs autres enquêtes : l'une pour tromperie et escroquerie dans laquelle le patron des Laboratoires Servier et six sociétés du groupe ont été mis en examen, l'autre pour "homicides et blessures involontaires" dans laquelle Jacques Servier, a été mis en examen. Destiné aux diabétiques en surpoids, mais largement prescrit comme coupe-faim, le Mediator, commercialisé en 1976, a été suspendu en novembre 2009 et définitivement retiré du marché en juillet 2010 en raison des risques cardiaques encourus par les patients. Une étude de l'agence française du médicament de 2010 a estimé entre 500 et 2.000, le nombre de décès dus au Mediator en France depuis 1976 Une autre, publiée en février 2012 par le journal spécialisé Pharmacoepidemiology & Drug Safety évoque 3.100 hospitalisations et au moins 1.300 morts par valvulopathie. Début avril, un rapport d'experts, ordonné par les juges a évalué, pour les valvulopathies, les décès à court terme entre 220 et 300, les décès à long terme entre 1.300 et 1.800 et les hospitalisations pour insuffisance valvaire entre 3.100 et 4.200. Le même rapport dénonce par ailleurs la stratégie de dissimulation de Servier et estime que la commercialisation du médicament aurait dû être suspendue entre 1998 et 2003 au vu des premiers signalements de maladies. __
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