C'est l'un des plus grands scandales de santé publique de ces dernières années. Celui du Mediator. Ce médicament des laboratoires Servier, retiré du marché en 2009, aurait causé la mort de centaines de personnes.

Lundi 14 mai, s'ouvre à Nanterre le premier procès du Mediator.

Premier, car ce procès ne portera que sur une partie seulement du dossier : la tromperie aggravée.

Plus de 300 personnes se sont constituées parties civiles, elles ont pris du Mediator, contre le diabète, ou comme coupe-faim.

Fadia Chamchoum est libanaise, elle vit à Paris depuis 23 ans. Elle a 58 ans. Elle a commencé à prendre du Mediator il y a 7 ans.

Fadia Chamchoum

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Fadia Chamchoum, l'une des victimes du Mediator
Fadia Chamchoum, l'une des victimes du Mediator © Radio France / Corinne Audouin
Rien ne prouve que les soucis de santé de Fadia soient dûs au Mediator; mais elle demande une réparation de son préjudice, au nom de la tromperie sur la nature du médicament. C'est le pari des deux avocats à l'origine du procès de Nanterre : poursuivre Jacques Servier et son laboratoire sur une seule incrimination, la tromperie aggravée; pour aller plus vite. _Maitre Charles Joseph-Oudin_
Ces accusations de tromperie, Lucy Vincent, chargée de la communication du groupe Servier, les rejette avec force. _Lucy Vincent_
Lucy Vincent
Lucy Vincent © Radio France / copie écran
### La tenue du procès de Nanterre est menacée Dans le même temps, à Paris, deux juges d'instruction du pôle de santé publique enquêtent sur l'ensemble du dossier Mediator. Sur la tromperie, mais aussi sur les accusations d'escroquerie, de favoritisme, d'homicides involontaires : une énorme enquête qui mettra du temps à aboutir. Deux procédures, dans deux tribunaux différents : c'est inédit, et intenable, selon Hervé Témime, l'avocat de Servier. _Hervé Témime_
Le procès s'ouvrira donc le 14 mai à 9h30 par une féroce bataille de procédure, menée par Servier, pour tenter de le faire renvoyer... au risque d'une grande incompréhension des parties civiles et l'opinion publique.
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