Le Front de Gauche revendique 180.000 manifestants
Le Front de Gauche revendique 180.000 manifestants © Radio France / Marion Lagardère

Le leader du Front de Gauche a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes (180.000 selon les manifestants) pour protester, pêle-mêle, contre l'austérité, la politique du gouvernement, l'Union européenne et pour réclamer une "VIe République".

Si François Hollande en doutait encore, la preuve en est à nouveau faite : l'opposition à son gouvernement ne vient pas que de la droite. Une opposition bien visible pendant cette manifestation à l'appel de Jean-Luc Mélenchon pour donner un "coup de balai" à la vie politique française.

A l'invitation du Front de gauche, des milliers de manifestants ont écouté religieusement le co-président du mouvement, avant de défiler entre la place de la Bastille et la place de la Nation, à Paris.

"Aucun monarque, fut-il républicain, ne nous imposera jamais sa loi", a lancé Jean-Luc Mélenchon devant des manifestants criant "résistance !", près de la place de la Bastille. "Nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité qui vouent notre peuple, comme tous ceux d'Europe, à une souffrance sans fin."

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau appelé à une constituante "pour en finir avec la Ve République".

"C'est nous qui commençons, avec cette marche citoyenne, cette insurrection dont la patrie républicaine à besoin", a poursuivi le quatrième homme de l'élection présidentielle de 2012.

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, l'autre composante du Front de gauche, avait auparavant déclaré que "nous n'acceptons pas d'en rester là, de nous rallier à l'idéologie de la défaite face aux forces de l'argent. Après le Code du travail, ce seront les retraites, le financement de la Sécurité sociale, les services publics qu'on va nous demander de sacrifier."

180.000 personnes selon les organisateurs

Les organisateurs voulaient rassembler 100.000 personnes (Jean-Luc Mélenchon avait évoqué "un triomphe" si ce chiffre était atteint), un an après la victoire de François Hollande sur Nicolas Sarkozy. En milieu d'après-midi, le Parti de gauche a annoncé la présence de 180.000 manifestants. Un chiffre que personne ne conteste, et pour cause : la Préfecture de police a expliqué qu'elle ne procédait à aucun comptage, puisqu'elle ne le fait jamais pour "un rassemblement politique".

Le compte-rendu de Marion Lagardère.

Le Front de gauche demande à nouveau au gouvernement d'amnistier les syndicalistes auteurs de délits depuis 2007, ce qu'il a finalement refusé, et de durcir le texte sur les cessions de sites viables pour interdire les "licenciements boursiers".

"C'est une grande manifestation de la gauche antigouvernementale", a pour sa part déclaré Olivier Besancenot, figure du Nouveau parti anticapitaliste.

Olivier Besancenot était l'invité du journal de 13h de France Inter, avec Patrick Boyer.

Eva Joly, candidate Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle de 2012, a estimé à la tribune de la Bastille qu'"il n'y a pas d'un côté la crise économique et de l'autre la crise démocratique, les deux sont liées en France et en Europe".

Eva Joly pour qui "la colère gronde".

Pour le Parti socialiste, Mélenchon joue "la politique du pire"

De leur côté, des responsables socialistes réunis dans les Landes, n'ont pas caché les difficultés rencontrées par François Hollande.

"Oui, la première année du quinquennat a été une année très difficile parce que ça a été une année de réparation et de préparation de la France", a dit le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, aux militants. "Oui le changement prendra du temps, oui il y a des efforts, mais il y aura une différence profonde, fondamentale, irréconciliable avec la droite", a-t-il ajouté.

Pour le Premier secrétaire, la gauche "n'a pas besoin de vociférations mais d'actions en commun".

Le ministre de l'Economie et des finances, Pierre Moscovici, a invité Jean-Luc Mélenchon à éviter la "politique du pire".

"Toujours, dans notre histoire, quand la gauche a oublié que c'était la droite qu'il fallait combattre et non pas le voisin, chaque fois qu'elle a dit que c'était le social-démocrate qui était un social-traître, alors au final, ça a été l'échec", a-t-il dit dans l'émission Le Grand Rendez-vous Europe 1-I> Télé-Le Parisien.

Une position reprise aussi par Henri Emmanuelli, sans doute le plus proche des idées de Jean-Luc Mélenchon au PS.

Après le discours de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille, le cortège s'est dirigé vers la place de la Nation dans l'après-midi.

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