PARIS (Reuters) - Syndicats et gouvernement français restent opposés sur la proposition de loi visant à encadrer le droit de grève dans les transports aériens et la menace d'une nouvelle grève pendant les vacances scolaires de février continue de planer.

Le ministre des Transports Thierry Mariani a reçu vendredi les syndicats représentatifs du transport aérien, dont le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), pour tenter d'éviter une seconde grève après le mouvement qui a perturbé de lundi à jeudi le trafic, notamment à Air France.

La déclaration du ministre des Transports, Thierry Mariani :

"Pour le gouvernement, cette proposition de loi est nécessaire" à l'information et à l'organisation des passagers, a dit Thierry Mariani lors d'un point presse, réaffirmant que selon lui elle ne compromettait pas le droit de grève.

"N'oublions pas le droit des passagers," a-t-il dit.

Yves Deshayes, président du SNPL, a déclaré à l'issue des négociations que le gouvernement n'avait rien proposé.

"On nous a proposé de changer quelques virgules mais c'est vraiment des virgules", a-t-il déploré. "Maintenant c'est le calendrier parlementaire qui gouverne la suite des événements."

La réaction d'Yves Dehaye, le président du principal syndicat de pilotes, le SNPL :

Il a ajouté que les instances du syndicat allaient se réunir ce vendredi après-midi pour décider des suites à donner au mouvement. Le dialogue de sourds se poursuit donc. DÉCLARATION PRÉALABLE "Si un mouvement survient pendant les vacances scolaires, ce sera très clairement de la responsabilité du gouvernement," a dit le président du SNPL. "S'il y a une nouvelle grève pendant les vacances, c'est l'illustration parfaite qu'il fallait ce texte", a répliqué Thierry Mariani. Selon ce dernier, pendant les quatre jours de grève, 1.058 vols ont été annulés "à froid", avec des possibilités de prévenir les passagers, et 183 "à chaud". Air France affirme que le mouvement lui a coûté de 8 à 10 millions d'euros par jour. Le texte adopté en première lecture à l'Assemblée le 24 janvier doit être en principe examiné au Sénat le 15 février, avant de revenir le 22 février en nouvelle lecture devant les députés, qui ont le dernier mot. Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a souhaité mercredi que la proposition de loi soit définitivement adoptée avant les élections, tout en se montrant circonspect sur le calendrier parlementaire. Le texte prévoit une déclaration préalable des grévistes 48 heures avant le conflit et une prévision de trafic pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève, comme à la SNCF ou à la RATP. Le gouvernement avait inscrit cette proposition à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée le 20 décembre, au moment où une grève des agents de sûreté perturbait l'activité des aéroports. Chine Labbé, édité par Yves Clarisse
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