Le scandale du démantèlement d'un faux trafic de café pour faire gonfler les statistiques douanières en 2015 au Havre fait encore des vagues. L'un des principaux « suspects » de cette affaire est toujours en fonction à l'office anti-fraude à Bruxelles, un autre à la DGSE.

Chaque année les douanes françaises font état de leur bilan et de saisies records
Chaque année les douanes françaises font état de leur bilan et de saisies records © Radio France / Emmanuel Leclère

Ce fut un énorme scandale il y a trois ans au sein des douanes au Havre et au cœur de la plus prestigieuse unité, la DNRED, la Direction Nationale du Renseignement et des Opérations Douanières. 

Des hauts responsables douaniers sont soupçonnés d’avoir démantelé un trafic de 45 tonnes de café contrefait qu’ils auraient eux- même mis en place pour faire gonfler leurs statistiques via une caisse noire retrouvée dans un plafond des bureaux du Havre. 

Plusieurs très hauts dirigeants ont été mis en examen puis limogés en interne ces derniers mois. Mais deux des "suspects" de cette affaire sont toujours à des postes très sensibles notamment à Bruxelles dans la haute hiérarchie de l'OLAF , l'Office européen anti-fraude. 

L'art de faire gonfler les statistiques 

Au 1 er août dernier, Vincent Sauvalère apparaissait toujours dans l'organigramme de l'Office européen de la lutte anti-fraude,au sein de l'unité  tabac et contrefaçons. Il faut dire que l'ancien patron des Opérations Douanières en France est à l'origine des plus importantes saisies de cigarettes de contrebande de l'histoire de l'Union Européenne. 

Son unité étaient à la pointe également sur des trafics d'armes avec les Balkans, sur quelques trafics de drogue aussi. Et pour cause, il avait réussi à récupérer un « indic » de la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire parisienne, un certain Zoran Pétrovic, déjà considéré pourtant comme sulfureux. 

L'indic qui trafiquait avec l'aide des douaniers

Les juges qui enquêtent sur le scandale du faux trafic de café contrefait sur le port du Havre ont découvert, comme l'a raconté le journal Libération en début de semaine, à quel point Vincent Sauvalère et certains de ses collègues ont profité des tuyaux de cet informateur d'origine serbe, un 'aviseur' en langage douanier, mais à quel point la contrepartie était problématique. 

Rayé du fichier national  des informateurs, Pétrovic a continué à être rémunéré par les douanes via plusieurs identités fictives.

Pour une tonne de marchandises saisies à Bordeaux, la Rochelle et enfin au Havre, Zoran Pétrovic avait la garantie de pouvoir faire passer plusieurs containers de  marchandises non déclarées, notamment des cigarettes. 

Avant-hier, les douanes françaises rappelaient que tous les chefs concernés ont été écartés, ce n'est donc pas tout à fait vrai. 

L'un d'eux est donc à Bruxelles sur un poste très sensible et selon nos informations, un autre est à la DGSE (mais il n'est pas mis en examen).

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