Les forces françaises ont pris le contrôle de l'aéroport, dernier bastion des groupes islamistes armés actifs dans le nord du Mali, dans la nuit de mardi à mercredi.

L'heure est au bilan pour l'armée française. Il faut remettre sur pied les structures de base. le reportage d'Antoine Giniaux

La fin du conflit a été évoqué par le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Ce matin, le président malien par intérim déclare qu'une bonne partie de la mission a été accomplie. Les discussions autour de la gestion de l'après-guerre commencent.

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Une force de maintien de la paix ?

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit débattre sous peu du déploiement d'une force de maintien de la paix au Mali, apprend-on mercredi auprès de diplomates.

Fin décembre, le Conseil de sécurité avait approuvé la création d'une force de soutien au Mali sous conduite africaine, la Misma, chargée d'aider les autorités maliennes à reprendre les zones du nord du pays contrôlées par des groupes islamistes. Financée par des contributions volontaires et entraînée par l'Union européenne, elle n'aurait pas commencé ses opérations avant la fin 2013.

Mais l'intervention française au Mali pour contenir les islamistes qui menaçaient de s'emparer de Bamako, la capitale, a rendu ce plan obsolète, expliquent des diplomates. Et l'essentiel du territoire malien étant désormais sous le contrôle des forces franco-maliennes, la possibilité de déployer des soldats de la paix commence à être d'actualité, explique-t-on sous le sceau de l'anonymat.

"On parle de plus en plus d'aller directement vers une opération des Nations unies de maintien de la paix", explique un diplomate occidental qui souhaite rester anonyme.

Un autre diplomate et un responsable onusien confirment l'information et précisent que les discussions doivent commencer d'ici quelques jours au sein du Conseil de sécurité.

Entre 3 000 et 5 000 hommes ?

Mali, guerre est finie ?
Mali, guerre est finie ? © Radio France

Les 15 pays évoqueront soit le déploiement d'une force onusienne de maintien de la paix, soit, comme variante, une force de l'Union africaine mandatée par le Conseil de sécurité avec soutien logistique et autres des Nations unies, sur le modèle de la mission de l'union africaine en Somalie (Amisom).

L'idée serait d'avoir une force onusienne comptant 3 000 à 5 000 hommes, expliquent des diplomates. Les détails viendront plus tard. De toute façon, l'intervention française au Mali se poursuivant, il est trop tôt pour déployer des soldats de la paix.

"Il n'y a pas encore de paix à maintenir", souligne un diplomate. "Nous en sommes toujours à la phase de mise en oeuvre de la paix."

C'est d'ailleurs pourquoi le secrétaire général des Nations-unies Ban Ki-moon n'était pas très chaud pour une implication directe des Nations unies dans l'opération qui aurait été menée par la force africaine, expliquent des diplomates. Cela aurait été une mission offensive avec recours à la force et non du maintien de la paix.

Selon ces diplomates, une force de maintien de la paix onusienne aurait certains avantages par rapport à la force africaine approuvée par le Conseil de sécurité le mois dernier : le financement serait clair et il serait plus facile de surveiller le respect des droits de l'homme. En outre, l'Onu pourrait choisir les nationalités composant le contingent de casques bleus.

Quant aux troupes africaines qui ont commencé à arriver au Mali pour aider les forces françaises et maliennes, elles pourraient rester sur place et être incluses dans la force onusiennes de maintien de la paix, souligne un diplomate.

La France soutiendra certainement cette idée. Son Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est dit favorable mardi au "déploiement rapide" d'observateurs internationaux au Mali.

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Lien Dossier Mali © Radio France / Olivier Bénis
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