PARIS (Reuters) - Cinq syndicats français appellent à une journée d'actions mercredi contre les "mesures d'austérité" dans le cadre d'une mobilisation européenne voulue par la Confédération syndicale européenne (CES), sur le thème "trop, c'est trop !".

Les salariés sont invités à se mobiliser dans les 27 pays de l'Union à la veille d'un sommet européen qui doit signer le traité visant à renforcer la discipline budgétaire au sein de l'UE.

En France, une intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) prévoit environ 160 rassemblements et manifestations interprofessionnelles à travers le pays.

La CGT assure que la mobilisation s'annonce importante et mise sur une centaine d'arrêts de travail dans les services publics, les transports, la construction ou l'énergie.

Dans les transports, la CGT cheminots a déposé un préavis de grève du mardi soir au jeudi matin à la SNCF.

Une sixième confédération, la CFTC, demande à ses adhérents de se mobiliser dans leurs entreprises pour réclamer la mise en place de plans de relance européens et nationaux.

Cette journée a été décidée sur fond de divergences entre la CGT, qui voulait s'opposer aux mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, comme la "TVA sociale", et la CFDT, hostile à toute action "à caractère politique" en pleine campagne présidentielle.

Pour parvenir à un accord, les confédérations ont situé cette journée dans le cadre de la mobilisation européenne, sans référence directe aux annonces du chef de l'Etat le 29 janvier.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, défend néanmoins l'idée d'une intervention syndicale en période électorale.

"Considérer que, dans la période, les syndicats doivent se mettre en retrait, c'est ouvrir un boulevard aux organisations patronales", a-t-il déclaré dans L'Humanité, daté de lundi.

Le dirigeant syndical a pris pour exemple les accords compétitivité-emploi, qui font l'objet de négociations entre le syndicat et le patronat.

"Les syndicats doivent-ils rester l'arme au pied et ne pas dénoncer ce sabotage du droit social français au motif qu'il y a des élections ?", a-t-il demandé.

Tout en se refusant à politiser le débat, François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, s'est déclaré choqué il y a un peu plus d'une semaine par les propos de Nicolas Sarkozy affirmant que les corps intermédiaires, et notamment les syndicats, faisaient "écran entre le peuple et le gouvernement".

"Quand il dit que les corps intermédiaires se mettent entre lui et le peuple, et qu'il veut fonctionner sans avoir de débat avec la société civile (...) c'est une conception de la démocratie qui est autoritaire", a-t-il dit sur RTL.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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