par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Dior, sans couturier depuis un an, a présenté vendredi une collection hivernale précieuse et délicate magnifiant les codes et le savoir-faire de la maison de l'avenue Montaigne.

Au quatrième jour des défilés parisiens de prêt-à-porter automne-hiver 2012-2013, Bill Gaytten, directeur du studio et ancien bras droit de John Galliano, licencié pour injures raciales en mars dernier, a offert un vestiaire ultra-chic, jouant sur la splendeur des effets de la soie, mêlée au cuir et au tweed.

Dans une palette de sable, vieux rose, prune, faux noir ou gris taupe, les vestes de tweed sont sanglées à la taille et portées sur les plis plats de longues jupes de soie ou de cuir.

Une veste pied de poule est retravaillé avec des rubans de cuirs rebrodés, les manteaux de laine s'ornent d'empiècements de cuir.

Un haut de soie sans manche bleu canard miroite d'incrustations, tandis qu'un autre de cuir plissé gris perle dévoile les épaules.

Bill Gaytten évoque aussi les silhouettes de ballerines, le buste menu dans un haut prune porté sur un ample jupon chocolat.

En version longue, d'aériennes robes de mousseline plissées bleu canard ou framboise, vivifient la palette. Une robe au buste noir miroitant de paillettes, le dos dénudé par un voile, joue les effets de matière et de lumière avec les plis plats d'un jupon. Plus loin, une cascade de mousseline vieux rose se porte sur un bustier orné d'un gigantesque noeud.

LES VENTES N'ONT PAS SOUFFERT

"J'ai voulu me concentrer sur le style Dior, dans une approche moins graphique", a déclaré à Reuters Bill Gaytten, à l'issue du défilé auquel assistaient les actrices Marisa Berenson et Isild Le Besco.

Dior se refuse toujours à tout commentaire sur le nom du successeur de John Galliano, alors que les rumeurs donnent Raf Simons, styliste de la maison Jil Sander - qu'il vient de quitter - comme favori.

"Les choses ne se font pas dans la précipitation. Nous ne commentons rien du tout (...) la rumeur court et ce n'est pas bien grave, car c'est sans conséquence sur la maison", a déclaré Sidney Toledano, PDG de Dior, à l'issue du défilé.

L'absence de couturier n'a guère nui aux ventes de Dior Couture en 2011. Comme les autres grands noms du luxe portés par la demande des pays émergents et les flux touristiques, Dior a connu une année particulièrement faste.

Ses ventes ont grimpé de 22% à taux constants l'an dernier pour dépasser la barre du milliard d'euros. La marge opérationnelle courante a quant à elle plus que doublé à 85 millions d'euros.

"La marque avance bien. Les ventes sont très bonnes. Les choses avancent dans le bons sens dans le positionnement de nos produits, sur le créneau du savoir-faire très haut de gamme qui, en France, est très concurrentiel", a ajouté Sidney Toledano, sans vouloir faire de prévision pour 2012.

Edité par Yves Clarisse

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