par Mathilde Gardin

PARIS (Reuters) - Sans couturier dix mois après "l'affaire Galliano", Dior a présenté lundi, au premier jour de la haute couture pour le printemps-été 2012, une collection forte de son héritage et a revendiqué sa bonne santé.

Née en 1947 de l'imagination de Christian Dior, la ligne Corolle, avec sa silhouette taille de guêpe et ses jupons, s'est cette fois enrichie de jeux de transparence.

"C'est une collection aux rayons x, qui rend visible ce qu'il y a sous le vêtement", a expliqué Bill Gaytten, ancien bras droit de John Galliano qui assure l'intérim à la direction artistique.

Le Britannique semblait beaucoup plus à l'aise lundi dans les salons de la maison, avenue Montaigne, qu'en juillet dernier au musée Rodin, où son premier opus couture avait été jugé incohérent par la critique.

Déclinés en noir, blanc et gris mais rehaussés de rouge, aubergine et chair, les modèles font apparaître les surpiqûres et la construction de la coupe grâce à des superpositions translucides.

La collection associe construction et légèreté. Une jupe blanche en soie transparente s'accorde avec une veste pied-de-poule, des smocks marquent la taille d'une robe noire, rebrodée de fleurs blanches.

L'une des robes de bal, points d'orgue du défilé, est brodée de carreaux blancs et de dentelles, comme posée sur un imposant jupon noir.

LA MONTÉE DES MARCHES DE VERSACE

"On construit, la maison retrouve son confort, avance bien avec beaucoup de création et de nouveauté", a déclaré Sidney Toledano, le PDG de la maison de couture, propriété de Dior SA, holding de contrôle de LVMH.

"Les choses vont très bien", a-t-il dit à Reuters, ajoutant que les ventes de fin d'année avaient été meilleures que l'année dernière.

Sidney Toledano n'a pas souhaité répondre aux questions sur la succession de John Galliano, licencié en mars à la suite d'insultes racistes.

C'est Versace, pour son retour sur les podiums à Paris après huit ans d'absence, qui a ouvert le bal de la haute couture lundi matin, à l'Ecole nationale des Beaux-arts.

Les quinze modèles sont apparus au sommet d'un imposant escalier doré, au pied duquel se tenaient Cameron Diaz, Diane Krüger et Ludivine Sagnier.

Donatella Versace, directrice artistique de la maison italienne fondée par son frère Gianni, a joué pour la collection "Atelier Versace" sur une architecture corsetée et la transparence des dentelles, dans des robes entièrement rebrodées de sequins, gris perle, vert, jaune poussin ou orange fluo.

"J'ai beaucoup aimé le côté architectural, cela maintient le corps de façon flatteuse", a déclaré à Reuters TV l'actrice allemande Diane Krüger.

Des pièces en plaqué or viennent appuyer les lignes des vêtements ou épouser les formes du corps dans des vêtements sexy, entre profonds décolletés dans le dos, robes fourreaux fendues et micro-robes.

Avec Noémie Olive et Sarah Barden, édité par Gilles Trequesser

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