C’est l’une des luttes sociales les plus marquantes de ces derniers mois en France. Pendant près d’un an, les ouvriers de Molex ont tenté de sauver leurs emplois et d’empêcher une fermeture programmée de leur usine. En vain.

Jeudi 1er octobre, les 283 salariés de Villemur-sur-Tarn (Haute Garonne) devraient tous recevoir leur lettre de licenciement, en dépit d’une mobilisation massive des habitants de la commune.

Villemur-sur-Tarn. A mi chemin entre Toulouse et Montauban, une ville de tradition ouvrière et industrielle au milieu d’une zone plutôt rurale.

Ici, presque tout le monde a un ami ou un parent qui a travaillé dans cette usine de connectique industrielle présente depuis 1941, rachetée par Molex en 2004.

283 licenciements, et pourtant c’est l’un des sites les plus rentables du groupe.

Le repreneur, le fond de pension américain HIG, s’est engagé à garder 15 à 20 salariés, seulement, dans un premier temps.

L’histoire raconte que la ville n’a jamais cédé, y compris aux Anglais lors de la guerre de 100 ans.

"Villemur, le village gaulois qui résiste à Molex" dit le panneau à l’entrée de la ville. Mais pas cette fois-ci.

Même si un fleuve, le Tarn, sépare le centre ville de sa zone industrielle, Villemur a fait corps, notamment le 6 novembre 2008 et l’opération ville morte.

Une image forte que conserve précieusement Jacques Aso, 50 ans dont 22 passés chez Molex. Conseiller municipal, il s’occupe également de l’association crée par les salariés de Molex.

Jacques Aso (Nour-Eddine Zidane)

Molex, c’est la défaite du politique.

Aujourd’hui pour les Villemuriens, l’amertume cohabite avec l’impuissance. La tristesse aussi comme ce personnage déssiné sur les nombreuses affichettes « Non à la fermeture des Molex » placardées en devanture des boutiques.

Jean-Claude Boudet est le maire divers gauche de la ville (Nour-Eddine Zidane)

Certains sont de vrais héros de film.

Rebondir et ne pas tomber dans l’oubli seront les défis des Molex estime José Alcala. Pour ce réalisateur, suivre au jour le jour la lutte, la singularité du combat des Molex, est une évidence qui s'est imposée.

Il suit leur quotidien depuis le début de l’année pour un documentaire télé.

José Alcala, réalisateur de fiction et de documentaires (Nour-Eddine Zidane)

L'entreprise était installée depuis 68 ans sur la commune.

Guy Pavan est délégué syndical CGT, l’un des fers de lance de la lutte. 33 ans de boîte, un physique sec et de longs cheveux gris.

Il évoque l’avenir sous une grande toile de tente dressée devant l’usine, dont l’entrée, gardée par des vigiles, est interdite. Pour lui, l’important maintenant c’est que la lutte des Molex serve à réveiller durablement les consciences et a faire évoluer les lois.

Guy Pavan, délégué CGT Molex (Nour-Eddine Zidane)

Un premier indicateur de la mobilisation sera probablement le 22 octobre. Guy Pavan et ses collègues seront à Paris pour une journée nationale d’action pour l’avenir des emplois.

On a perdu la bataille mais pas la guerre.

Les questions posées vont au delà du cas Molex, selon le père Philippe Bachet, le curé de Villemur, très actif tout au long du conflit et notamment par la création d’un comité de soutien qui réunit élus et habitants.

Des questions auxquelles les politiques devront répondre.

Philippe Bachet, le curé de Villemur-sur-Tarn (Nour-Eddine Zidane)

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