Mario Monti
Mario Monti © Reuters / Alessandro Bianchi

Mario Monti a mis en ligne lundi une lettre ouverte et son programme de réformes pour le pays, enjoignant aux Italiens d'en débattre avant les élections législatives anticipées des 24 et 25 février.

Le président du Conseil démissionnaire a annoncé dimanche qu'il ne sera pas candidat aux législatives, mais qu’il est prêt à "envisager" un nouveau mandat à la tête du gouvernement si des forces politiques, qui adhèrent à son programme de réformes, le lui demandent.

L'ex-commissaire européen a proposé aux différents partis d'aller au-delà des clivages droite-gauche et de se rallier à un programme baptisé "Agenda Monti". A cette condition, il s'est dit prêt à "guider" une coalition de forces "réformatrices", qui pourraient indiquer son nom sur leurs listes électorales comme candidat Premier ministre, précisant qu'il souhaitait avant tout voir adopter son programme : un mélange de rigueur budgétaire et de réformes structurelles.

Parmi ses propositions : la réduction de la dette publique de 5% par an à compter de 2015 pour la ramener à 60% du PIB contre 126% actuellement, la réforme de la fiscalité pour moins taxer les revenus du travail et des entreprises et davantage les grandes fortunes et la consommation; une meilleure efficacité de l'administration; adopter la tolérance zéro face à l'évasion fiscale; revoir la loi électorale, réduire le nombre de parlementaires...

Monti prône aussi un renforcement des mesures de lutte contre la corruption et le blanchiment d'argent.

Sur le marché du travail, Mario Monti promeut une amélioration de l'accès au travail des femmes et des jeunes et du maintien dans l'emploi des seniors par une politique d'incitation fiscale. Il entend aussi favoriser les accords d'entreprises.

La position "ni oui, ni non" de Mario Monti jette le trouble en Italie, Anaïs Feuga

Quelle majorité ?

Le scénario le plus probable en février est celui d'une victoire de la gauche menée par Pier Luigi Bersani, qui est la favorite des sondages avec plus de 30% des intentions de vote. Le Parti démocrate a promis de maintenir le cours des réformes impulsées par Mario Monti tout en accordant plus d'importance à la croissance et au sort des salariés et des retraités.

Mais le PD pourrait se voir obligé de nouer une alliance avec les centristes de l'UDC, le parti de Pierferdinando Casini, et d'Italia Futura, la nouvelle formation créée par Luca Cordero di Montezemolo, le président de Ferrari. Politologues et sondeurs estiment que le bloc centriste, même s'il se rallie à Mario Monti -dont il a dit apprécier l'"agenda"-, aura du mal à franchir la barre des 15%.

Le mouvement Cinq Etoiles de l'humoriste contestataire Beppe Grillo est donné autour de 20% des intentions de vote; Peuple de la liberté de Silvio Berlusconi à 14%.

La carrière de Mario Monti
La carrière de Mario Monti © Idé / Idé
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