[scald=26017:sdl_editor_representation]par Eric Vienne

SHANGHAI (Reuters) - La France attendait depuis 38 ans un champion du monde masculin de natation: Camille Lacourt et Jérémy Stravius lui en ont offert deux d'un coup en remportant ex aequo au centième de seconde près la médaille d'or du 100 mètres dos, mardi, à Shanghai.

Ce n'est pas la première fois depuis la création des championnats du monde en 1973 que deux nageurs "partagent" un titre mais c'est une première pour deux athlètes du même pays.

L'Oriental Sports Center de Shanghai a donc vécu un moment rare, qui "ne se reproduira peut-être jamais", selon le directeur technique national, Christian Donzé, évidemment aux anges.

Les vainqueurs ont été chronométrés en 52"76, devant le Japonais Ryosuke Irie, troisième en 52"98.

A l'arrivée, les deux nageurs français, d'abord interloqués, ont explosé de joie et se sont tombés dans les bras.

Ce n'était que le début d'un ballet - zone mixte, podium, Marseillaise, conférence de presse, bises à la ministre, serrage de mains, contrôle antidopage - qu'ils ont vécu, inséparables, main dans la main.

A Lacourt, le favori de la finale, l'honneur de la première réaction. "La première chose que j'ai vue, c'est mon nom avec le petit 1 devant. Là, j'explose de joie, je suis ravi d'avoir gagné. Je vois la même réaction du côté de Jérémy, je regarde son nom et je vois qu'il y a aussi un 1 devant."

Moment d'angoisse. "Ma seconde réaction, c'est de regarder à nouveau mon nom pour voir si je ne me suis pas trompé de ligne et là je vois qu'on est tous les deux numéro un. C'est une double joie."

Le champion d'Europe de 2010, devant Jérémy Stravius déjà, n'éprouvait aucune amertume à devoir partager sa médaille. "Ce n'est pas un titre partagé à deux, c'est deux titres, point barre. On est chacun champion du monde, on n'est pas tous les deux à demi-champion du monde."

QUI SUR LE RELAIS 4 NAGES ?

Jusque dans le récit de leurs émotions, il n'y avait pas une feuille de papier à cigarette entre les versions des deux nageurs.

"Il n'y avait jamais eu de médaille d'or en équipe masculine. Alors deux d'un seul coup, qui l'aurait cru ?", s'étonne Jérémy Stravius, visiblement abasourdi par ce qu'il vient de vivre.

"Ça aurait pu être un centième devant comme un centième derrière, là nous sommes quittes. Je me dis que je suis champion du monde et qu'il n'y en a pas un, aujourd'hui dans le monde ,qui m'a battu", ajoute-t-il avant d'avouer dans un sourire: "Ça fait du bien de sortir un peu de l'ombre de Camille."

C'est pourtant dans l'ombre de Camille Lacourt, plutôt dans son sillage, que Jérémy Stravius a vécu cette course folle, virant derrière le grand Marseillais à mi-course. Son finish a été meilleur, à moins que ce ne soit Lacourt qui ait calé.

"A la fin, je sentais que je n'avançais plus. Je voyais tout le monde revenir sur moi. Les bras voulaient arrêter, les jambes voulaient arrêter, il n'y avait que la tête qui voulait avancer", raconte Camille Lacourt.

Jérémy Stravius, dont la médaille d'argent européenne sur 100m dos avait été largement éclipsée par le triplé de son "rival", est la révélation française de ces Mondiaux. Médaillé d'argent avec le relais 4x100m nage libre, il vit une compétition incroyable.

"Ça commence très fort. Je dis 'ça commence' parce que j'ai encore deux épreuves. J'espère frapper fort avec mes collègues des relais (4x100m 4 nages et 4x200m nage libre)."

Des relais ? Même celui du 4 nages de dimanche pourtant promis, a priori, à Camille Lacourt ? Le match nul de mardi semble avoir redistribué les cartes.

"On est tous les deux assez honnêtes pour en rediscuter samedi et pour savoir lequel est le plus en forme. A l'heure actuelle, je dirais que je laisserais nager Jérémy (en finale) le soir. Mais on verra. Il reste encore deux 200 pour lui, deux 50 (dos) pour moi. On va faire ça en toute honnêteté."

Un commentaire Jérémy ? "Il a tout dit". Inséparables, jusqu'au bout.

Edité par Jean-Paul Couret

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