[scald=95511:sdl_editor_representation]par Yann Le Guernigou

AYTRÉ, Charente-Maritime (Reuters) - Nicolas Sarkozy est revenu mardi à l'usine Alstom d'Aytré, là-même où il avait promis en 2004 de tout faire pour sauver ce groupe alors en difficulté, et a mis en avant son redressement au moment où ses adversaires lui opposent la forte montée du chômage pendant son quinquennat.

En campagne en Charente-Maritime, le président-candidat en a profité pour justifier une nouvelle fois la hausse de la TVA qui permettra, selon lui, de réduire les cotisations sociales des entreprises et d'améliorer leur compétitivité.

Avec Alstom, qu'il avait déjà mis en exergue lors de sa campagne présidentielle de 2007, il a tenu à saluer le "symbole d'une France industrielle et ouvrière qui ne veut pas mourir", mais aussi et surtout un succès de son action volontariste.

Ministre des Finances en 2004, Nicolas Sarkozy avait négocié pied à pied avec les autorités européennes un sauvetage du groupe spécialisé dans les infrastructures de transport et d'énergie qui était sous la menace d'un dépôt de bilan.

"Alstom, qu'on disait mourant, est devenu le fer de lance de l'industrie ferroviaire française. C'était fichu en 2004, c'est une pépite industrielle en 2012", a-t-il dit à son arrivée à l'usine d'Aytré, près de La Rochelle, qui fabrique des rames TGV et des tramways.

Il s'en est pris à la présidente de la région Poitou-Charentes, la socialiste Ségolène Royal, qui lui avait reproché par avance d'aller "dans les endroits où ça va bien, pas dans les endroits où ça va mal", en ignorant les entreprises locales en difficulté.

"J'ai vu qu'il y avait une dame dans la région qui disait qu'il ne fallait pas que j'aille chez Alstom. Si je n'étais pas venu en 2004, où est-ce qu'elle serait l'entreprise et qui aurait sauvé vos emplois?", a-t-il dit dans une allocution devant les salariés du site.

De même, alors que Ségolène Royal, son adversaire de 2007, lui reprochait son déjeuner prévu à la cantine de l'usine d'Aytré plutôt que de s'intéresser à l'aciérie lorraine de Florange, menacée de fermeture, Nicolas Sarkozy a indiqué avoir pris contact avec le propriétaire de celle-ci, ArcelorMittal.

"ON PEUT SE TROMPER"

"Je ne veux pas que Florange meure. Alors bien sûr il y a la crise et il y a moins de demande d'acier mais je pense en cette année 2012 qu'on fera tout pour que Florange rouvre", a-t-il dit.

Les syndicats FO et CGT d'Alstom ont boycotté sa visite "pour ne pas faire de la publicité au candidat UMP". "Il vient comme candidat, il ne vient pas comme président", a dit à des journalistes Silvano Argentiri, délégué FO.

Nicolas Sarkozy s'est dit prêt à prendre "tous les paris" que la hausse de 1,6 point de la TVA décidée par le gouvernement pour compenser une baisse des charges des entreprises n'aurait pas d'impact sur les prix, "parce que la concurrence est telle qu'on a aucun risque".

"Ce n'est pas plaisant (...) mais quand une usine ferme, quand les emplois partent, où il est le pouvoir d'achat avec les gens au chômage?", a-t-il demandé.

"On peut se tromper, on peut échouer mais on n'a pas le droit de pas tenter. C'est ce que j'ai fait avec la baisse des charges et la TVA et en rachetant pour l'Etat (une part d')Alstom. Je ne l'ai pas regretté", a-t-il encore dit.

Dans l'après-midi, Nicolas Sarkozy s'est rendu dans le quartier des Boucholeurs, sur la commune de Châtelaillon-plage, où la tempête Xynthia avait fait deux morts fin février 2010. Cent cinquante maisons y ont été placées par l'Etat en "zone noire", à des fins de destruction, ce qui n'est pas sans irriter les élus locaux.

Reprenant sa casquette de chef de l'Etat, il a justifié les mesures prises "parce qu'on n'a pas le droit de prendre des risques avec la vie des gens". "Là où la mer est passée, elle repassera", a-t-il dit

Pour autant, il s'est déclaré ouvert à des "aménagements" négociés avec les élus locaux, dont le maire de Châtelaillon, qui plaident pour le maintien de constructions en front de mer, sous forme de commerces qui se substitueraient aux habitations.

"On a fixé un principe qui est celui de la protection des gens. Après comme tout principe, on peut discuter des aménagements", a-t-il déclaré.

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