PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a proposé lundi que les Français qui s'exilent pour des raisons fiscales soient taxés à hauteur de ce qu'ils devraient acquitter en France s'ils conservent la nationalité française, reprenant ainsi une proposition avancée récemment par le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon.

"Je souhaite que la fiscalité et la nationalité soient liées", a-t-il dit sur le plateau de l'émission "Parole de candidat" sur TF1.

"Nous allons appliquer ce qu'appliquent les Américains, un impôt lié à la nationalité: tout exilé fiscal, c'est-à-dire toute personne qui est partie à l'étranger sur le seul but d'échapper à l'impôt français devra déclarer à l'administration française ce qu'il a payé comme impôt à l'étranger", a expliqué le président-candidat.

"Si c'est inférieur à ce qu'il aurait payé sur les revenus de son capital en France, on lui fera payer la différence", a-t-il ajouté. "Si vous partez pour des raisons d'exil fiscal pour échapper à l'impôt, alors si vous voulez rester Français, vous paierez le différentiel !".

Alors qu'on lui faisait remarquer que Jean-Luc Mélenchon avait fait une proposition similaire, il a répondu : "Vous lui enverrez une petite carte de ma part".

Une tel impôt lié à la nationalité est toutefois incompatible avec les règles actuelles de l'Union européenne, qui prévoient une taxation dans le pays de résidence. Toute évolution de celles-ci nécessite l'unanimité des Vingt-Sept, comme pour toute la fiscalité.

Yann Le Guernigou, avec Yves Clarisse, édité par Emmanuel Jarry

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