C'est l'une des images les plus marquantes de cette soirée d'horreur pour les États-Unis : le président Barack Obama, très ému, essuyant une larme et peinant à parler lors de son intervention télévisée. Moins de deux heures après la tuerie, il dénonce un crime "haineux" , soulignant que les victimes étaient "en majorité âgées de 5 à 10 ans" .

"Nos coeurs sont brisés aujourd'hui" , a-t-il dit. "La majorité de ceux qui sont morts aujourd'hui étaient des enfants, de beaux enfants, des petits enfants. Ils avaient la vie devant eux: des anniversaires, des diplômes, des mariages, leurs propres enfants à venir", a-t-il déclaré, la voix empreinte d'émotion. Il a ordonné que les drapeaux soient mis en berne sur tous les édifices publics pendant quatre jours en hommage aux victimes. "Notre coeur est brisé" , a-t-il dit

.

Le président américain a ajouté que les Etats-Unis ont trop souvent vécu des fusillades comme celle-ci. "Et nous allons devoir nous réunir et entreprendre une action significative pour éviter de nouvelles tragédies comme celle-ci sans nous soucier de politique."

Barack Obama

Le maire de New York, Michael Bloomberg, militant de longue date d'un renforcement des réglementations sur les armes, a appelé vendredi le Président à "envoyer un projet de loi au Congrès", en plus de ses condoléances. "Nous avons déjà entendu la rhétorique. Ce que nous n'avons pas vu, c'est du leadership, ni de la part de la Maison Blanche, ni du Congrès. Cela doit s'arrêter aujourd'hui", a-t-il écrit sur le compte Twitter de la ville. Environ 200 personnes étaient réunies hier soir devant la Maison Blanche pour réclamer un meilleur contrôle des armes.

Le débat sur les armes aux États-Unis semble donc relancé ce matin, Julie Marie-Leconte.

Un débat qui agite le pays depuis longtemps, un peu plus après chaque nouvelle fusillade mortelle.

À Newtown, petite ville de 27.000 habitants dans le Connecticut, à 160 km de New-York, les habitants sont profondément choqués. Newtown pourra-t-elle se relever après ce drame ? Difficile à dire, d'autant qu'il s'agissait d'une communauté très calme.

François Durpaire, historien et spécialiste de l'éducation et de la citoyenneté aux États-Unis.

Le portrait du tueur est encore flou

L'auteur des coups de feu, un homme de 20 ans nommé Adam Lanza selon deux sources informées du déroulement de l'enquête, est décédé dans l'enceinte de l'école Sandy Hook, a dit Paul Vance, lieutenant de la police du Connecticut. Cet établissement accueille des enfants âgés d'environ cinq à 10 ans. Un adulte lié au suspect a en outre été retrouvé mort dans un autre endroit de Newtown, ce qui porte le bilan total à 28 morts, a précisé Paul Vance.

Beaucoup de zones d'ombres demeurent sur le profil de l'auteur présumé de la tuerie et de sa famille. Des médias américains ont dans un premier temps rapporté que sa mère, Nancy, était enseignante dans l'école et qu'il l'avait abattue, elle et ses élèves. Dans la soirée, il semblait plutôt que cette femme était la victime retrouvée sur l'autre scène de crime, sans que l'on sache clairement son lien avec l'établissement scolaire.

La police a refusé de confirmer le moindre détail au sujet de la famille Lanza. Elle espère disposer d'informations supplémentaires samedi. Ryan Lanza, frère de l'auteur présumé de la tuerie, a été arrêté ou au moins interrogé, a dit l'une des sources au courant de l'enquête.

"On a dit d'aller là où personne ne nous trouverait"

D'après le New York Times, Adam Lanza a utilisé deux pistolets, un Sig Sauer et un Glock, et la police a retrouvé sur place une carabine Bushmaster M4 dont elle pense qu'elle lui appartenait.

On en sait désormais un peu plus sur le parcours du tueur, Fabienne Sintès.

Selon la police, 18 enfants ont trouvé la mort sur les lieux mêmes de la fusillade et deux autres ont succombé à leurs blessures à l'hôpital. La tuerie s'est produite le matin dans deux salles de classe, alors que les enfants étaient en train de s'installer.

Janet Volmer, une enseignante de l'école, a su garder son sang-froid pendant l'attaque.

Témoignage d'une fillette de l'école Sandy Hook à Newtown.

Certains témoins disent avoir entendu jusqu'à 100 coups de feu.

"C'était terrible", a déclaré Brenda Lebinski venue à l'école récupérer sa fille. "Tout le monde était hystérique, parents, élèves. Il y avait des enfants qui sortaient de l'école ensanglantés. Je ne sais pas s'ils avaient été touchés, mais ils étaient couverts de sang."

Le drame a ému largement au-delà des frontières américaines. Dans une lettre à Barack Obama, François Hollande s'est dit "horrifié" et lui a transmis les condoléances du peuple français. "En ce moment si douloureux pour les Etats-Unis, je vous adresse mes condoléances attristées, en mon nom personnel et au nom du peuple français" , a ajouté le chef de l'Etat.

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