Deux mois après l'incendie qui a fortement endommagé la cathédrale, une messe en petit comité sera célébrée dans les prochains jours. Par ailleurs, après des travaux pour venir à bout de la pollution au plomb, une partie du parvis de Notre-Dame va de nouveau être accessible aux fidèles, touristes et passants.

Le recteur de Notre-Dame Patrick Chauvet, et l'archevêque Mgr Aupetit, devant la cathédrale encore inaccessible au public
Le recteur de Notre-Dame Patrick Chauvet, et l'archevêque Mgr Aupetit, devant la cathédrale encore inaccessible au public © AFP / Marie Magnin / Hans Lucas

Mi-mai, l'archevêque de Paris Monseigneur Michel Aupetit avait fait part de sa volonté de "célébrer une messe au plus vite" au sein de la cathédrale, quitte "à mettre un casque de chantier". Il va donc être exaucé. Comme l'a dévoilé l'hebdomadaire Famille Chrétienne, la première messe depuis l'incendie aura lieu le week-end du 15 et 16 juin. La date exacte n'est pas encore précisée par le diocèse. L'archevêque célèbrera la Fête de la Dédicace (une fête qui marque la consécration de l'autel d'une église), qui a lieu le 16 juin de chaque année pour Notre-Dame de Paris.

Quelques prêtres, avec des casques de chantier

Si l'événement est hautement symbolique, il ne s'agit pas d'un retour à la normale, loin de là. Alors que la cathédrale pouvait accueillir jusqu'à 9 000 fidèles, ils ne seront que quelques uns pour cette messe exceptionnelle et qui ne se reproduira pas avant plusieurs mois au moins. Seuls six ou sept prêtres assisteront à la messe autour de l'archevêque, ainsi que quelques chanoines (des membres du clergé qui aident à la vie de l'église). 

Patrick Chauvet, recteur-archiprêtre de Notre-Dame de Paris, explique :

C'est une grande fête de l'espérance pour nous, parce que si aujourd'hui nous pouvons entrer, même très peu, dans la cathédrale, cela signifie que dès qu'elle sera reconstruite, nous reviendrons y chanter. 

Tous devront porter un casque, même si la célébration aura lieu dans une petite chapelle, au fond de la cathédrale, qui n'a pas été abîmée par le feu. Il s'agit de la chapelle où se trouvait la relique de la couronne d'épine. La messe devrait une heure. Elle pourrait être précédée par l'office des vêpres sur le parvis si celui est rouvert. 

Plus de cathédrale éphémère, mais un sanctuaire

Si au lendemain de l'incendie, Patrick Chauvet avait annoncé l'érection d'une cathédrale éphémère en bois sur le parvis de Notre-Dame, le recteur a revu ses projets : "Le chantier prend en fait beaucoup de place", justifie-t-il, sans revenir sur ses projets d'un lieu de culte au même endroit.

Sur le parvis, des tentes abritent des pierres extraites de la cathédrale Notre-Dame
Sur le parvis, des tentes abritent des pierres extraites de la cathédrale Notre-Dame © Radio France / Delphine Evenou

Il annonce donc la mise en place d'une petite tente qui abritera une copie de la statue de la Vierge au pilier qui se trouve dans l'enceinte de la cathédrale, afin que les fidèles puissent se recueillir, rencontrer un prêtre, déposer des fleurs. "Il est important pour les catholiques d'avoir un lieu physique pour exercer leur culte. Et cela montre que même si Notre-Dame de Paris est en travaux, elle reste "ouverte"; cela fera le lien entre les fidèles et leur cathédrale" explique Patrick Chauvet. Il espère que ce sanctuaire sera en place pour le week-end de la première messe d'après-incendie à Notre-Dame, mais tout dépend désormais des travaux de dépollution du plomb.

La moitié du parvis devrait être accessible très prochainement

Car après l'incendie, le laboratoire de la Préfecture de police de Paris et l'Agence régionale de santé ont procédé à des analyses pour connaître l'impact des retombées de la combustion du plomb présent notamment dans la charpente de la cathédrale. Ces prélèvements ont montré des concentrations anormales de plomb à certains endroits, notamment dans certaines jardinières aux abords immédiats de l'édifice. 

Il a donc fallu procéder à des travaux de dépollution, qui arrivent à leur terme, mais il faut faire de nouveaux prélèvements pour s'assurer que ces taux ont diminué. Une fois que les résultats seront positifs, une partie du parvis pourra rouvrir. "On espère que ce sera le cas en fin de semaine, peut-être vendredi, j'espère jeudi", précise le maire du 4ème arrondissement de Paris, Ariel Weil, tout en prenant ses précautions : "Tout cela est conditionné à la dépollution totale du site". 

Le parvis ne sera pas entièrement rouvert, car le chantier occupe une partie de l'espace. Les passants pourront accéder à la moitié côté Hôtel-Dieu. Une fois que cette partie sera ouverte, le périmètre du chantier et donc des zones accessibles et non accessibles sera définitif, jusqu'à la fin de la reconstruction de Notre-Dame. 

La partie du parvis de Notre-Dame devant les barrières du chantier rendue accessible aux passants
La partie du parvis de Notre-Dame devant les barrières du chantier rendue accessible aux passants © Radio France / Delphine Evenou
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